La mine d'or roumaine de Renault se tarit

Angeline Benoit - ©2008 20 minutes

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La nouvelle poule aux oeufs d'or de Renault est menacée. Des milliers de salariés de l'usine Dacia, qui fabrique la voiture low-cost à succès Logan en Roumanie, ont poursuivi hier la grève illimitée entamée la veille sur le site de Pitesti (au nord-ouest de Bucarest). La direction ne considère pas « réaliste » une augmentation supérieure à 44 euros par mois, alors que les syndicalistes réclament une revalorisation de 148 euros, ce qui porterait le salaire mensuel moyen brut des employés de l'usine à environ 435 euros.

« Nous connaissons les importants bénéfices de la société, et nous réclamons un juste retour », expliquait un gréviste. Sauf que les résultats spectaculaires de Dacia semblent avoir besoin de salaires roumains pour prospérer. Ces prétentions salariales mettent « en péril l'avenir de l'usine », selon la direction. « D'ici à 2010, des usines Renault devraient ouvrir au Maroc, en Inde et en Russie et seront en mesure de produire la Logan », a prévenu le directeur général de Dacia, François Fourmont, cité par le quotidien Evenimentul Zilei. Et de fait, l'épisode est suivi de près par l'ensemble de l'industrie - de Nokia à Ford -, prête à refaire ses comptes si la donne change dans l'eldorado roumain.