Agroalimentaire: Le gouvernement tente d'apaiser les relations commerciales entre distributeurs

REFORME Il est notamment question de limiter les promotions et d’encadrer les ventes à perte…

20 Minutes avec AFP
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French Agriculture Minister Stéphane Travert gives a press conference following the weekly cabinet meeting, on January 31, 2018 in Paris. 
LUDOVIC MARIN / AFP
French Agriculture Minister Stéphane Travert gives a press conference following the weekly cabinet meeting, on January 31, 2018 in Paris. LUDOVIC MARIN / AFP — LUDOVIC MARIN / AFP

La guerre des prix entre distributeurs aura-t-elle une fin ? Le gouvernement a présenté ce mercredi le projet de loi censé y mettre un terme et redonner un peu d’air aux agriculteurs. Ce texte est le premier volet de sa feuille de route pour réformer le secteur de l’agroalimentaire français.

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Le « projet de loi pour l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et une alimentation saine et durable » est la traduction législative des travaux réalisés pendant cinq mois par toute la filière agroalimentaire lors des Etats généraux de l’alimentation (EGA) et devrait aboutir « en septembre », a assuré le ministre de l’Agriculture, Stéphane Travert, à l’issue du Conseil des ministres.

Ne plus vendre à perte

Une grande partie de la loi vise à améliorer les relations commerciales dans le secteur agroalimentaire en commençant par inverser la construction du prix payé aux agriculteurs. Ensuite, viendront les plans de filière par lesquels le président Macron a demandé aux acteurs économiques de se mobiliser, un plan de sortie et de réduction des produits phytosanitaires, ainsi qu’un plan bio qui sera dévoilé au Salon de l’agriculture.

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« La profession agricole c’est la seule que je connaisse qui ne facture pas et qui ne négocie pas son prix de vente », a expliqué le ministre Travert, en indiquant que « demain, grâce à cette contractualisation inversée, les agriculteurs qui seront réunis en organisations de producteurs avec des indicateurs qui seront fournis par les filières agricoles pourront déterminer sur un bassin donné une indication de prix en deçà duquel ils ne pourront pas vendre leurs produits, car ils ne pourront pas vendre à perte ».

Limiter au maximum les promotions des distributeurs

Du côté de la grande distribution, la loi prévoit de limiter les promotions et de relever le seuil de revente à perte de 10 %. Cela signifie que les supermarchés seront obligés de revendre un produit alimentaire au minimum au prix où ils l’ont acheté, majoré de 10 %, pour couvrir les frais de logistique et de transport.

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« Cette valeur que nous allons récupérer à travers l’encadrement des promotions, elle va donner une bouffée d’air aux distributeurs, pour aller chercher des points de marge ailleurs, sur d’autres produits, et faire en sorte de mieux rémunérer les produits agricoles », a poursuivi Travert.

Le ministre a également assuré qu’il « y aura toujours des promotions, le deux (produits) achetés un gratuit sera toujours possible », mais c’est par contre la fin de l’offre un produit acheté, un produit offert.

Un « cadeau offert à la grande distribution sur le dos du consommateur »

Le relèvement du seuil de revente à perte est un « cadeau offert à la grande distribution sur le dos du consommateur, avec un bénéfice très hypothétique pour le producteur », a regretté Olivier Andrault, chargé de mission pour l’association de consommateurs UFC-Que Choisir, dans une interview au Télégramme.

Il chiffre la charge supplémentaire pour les consommateurs « à un milliard d’euros sur les deux ans que durera l’expérience ».