Produit intérieur brut: L'Insee va intégrer les recettes du trafic de drogue dans son calcul

CROISSANCE Cette prise en compte dans le calcul du PIB, faite « à la demande » d'Eurostat, est destinée à aligner les statistiques françaises sur celles « des autres pays européens »...

20 Minutes avec AFP

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Près de 700 kg de drogue ont été saisis par les gendarmes en Haute-Garonne.
Près de 700 kg de drogue ont été saisis par les gendarmes en Haute-Garonne. — Gendarmerie nationale

Après plusieurs années de débat, l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) décidé d’intégrer le trafic de drogue au calcul du PIB, ce qui pourrait entraîner une révision en « légère hausse » du produit intérieur brut français.

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L’institut national de la statistique et des études économiques (Insee) va « tenir compte de la consommation de stupéfiants et des activités liées à cette consommation sur le territoire national », a annoncé mardi l’organisme public, dans un communiqué consacré à une série de modifications comptables actées par l’institut.

« Ca n’influera pas sur le chiffre de la croissance » en 2017

Cette prise en compte, faite « à la demande » de l’institut européen des statistiques Eurostat et destinée à aligner les statistiques françaises sur celles « des autres pays européens », entraînera « une révision en très légère hausse du niveau du PIB », ajoute l’Insee dans son communiqué.

Interrogé par l’AFP, le chef du département des comptes nationaux de l’institut public, Ronan Mahieu, a assuré que ces nouvelles données seraient intégrées aux chiffres du PIB révisés et détaillés, qui seront publiés en mai. La révision portera « sur l’ensemble des résultats » publiés par l’Insee, c’est-à-dire depuis 1947.

« Il s’agira de révisions à la marge », a assuré Ronan Mahieu, en évoquant le chiffre de « quelques milliards » d’euros, à rapporter aux 2.200 milliards d’euros du PIB français. « Ça n’influera pas sur le chiffre de la croissance » en 2017, a-t-il par ailleurs prévenu.

Vers une harmonie des données des pays européens

La décision de l’Insee fait suite à un long débat lancé par Eurostat en 2013. L’institut statistique européen avait alors demandé aux Etats membres d’intégrer le trafic de drogue et la prostitution dans leurs statistiques nationales, estimant qu’il s’agissait de transactions commerciales consenties librement.

L’objectif était d’harmoniser les données fournies par les pays européens, ces activités étant considérées comme légales dans certains Etats, à l’image des Pays-bas, ce qui gonfle leur PIB, et illégales dans d’autres.

Après la demande d’Eurostat, plusieurs pays ont décidé d’intégrer ces nouvelles normes, à l’image de l’Espagne, du Royaume-Uni et de l’Italie. Ce nouveau système de compte s’est à chaque fois traduit par une révision à la hausse de leur produit intérieur brut. L’Insee avait par ailleurs refusé de comptabiliser la prostitution relevant des réseaux, estimant que le consentement des prostituées n’était « probablement pas vérifié ».