Une start-up propose aux passagers des trains de devenir transporteurs de colis

INNOVATION Living Packets, une entreprise basée près de Nantes, a mis au point une solution «rapide» et «très sécurisée» pour l'envoi de colis, sur le principe du transport collaboratif...

Julie Urbach
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Le transport se fait via ce sac noir et vert
Le transport se fait via ce sac noir et vert — Living Packets
  • La start-up propose aux voyageurs des trains de rentabiliser leur trajet en prenant en charge un colis, contre rémunération.
  • L'objet est acheminé dans un «Living Packet», un sac bourré de technologie qui permet un transport «très sécurisé».
  • Le service vient d'être lancé sur le trajet Paris-Londres.

Difficile de dire oui (c’est d’ailleurs déconseillé…) quand un inconnu vous aborde à la gare, pour vous demander de transporter un sac ou un colis pour lui. Pourtant, alors que plus de 11.000 trains de voyageurs circulent chaque jour, une start-up nantaise espère exploiter cet « énorme potentiel » pour « révolutionner » la livraison express. Living Packets, c’est son nom, veut surfer sur la mode de la consommation collaborative pour des envois d’objets « plus rapides », « ultra-sécurisés » et « sans CO2 supplémentaire ». L’entreprise, basée à Sainte-Luce-sur-Loire et qui compte six salariés, a lancé son service début janvier sur la ligne Paris-Londres.

Sac plein de technologies

Tout se passe grâce à un drôle de sac noir et vert, le fameux Living Packet (qui pèse 1,2 kg vide), bourré de technologies. Alarme d’ouverture, détection des chocs, GPS… tout est fait pour que les objets placés dedans, de 4kg maximum, retrouvent leurs propriétaires au plus vite, grâce à des particuliers qui voyagent 7 jours sur 7, et qui acceptent d’être rémunérés pour les acheminer. « Une maman a pu rapatrier le doudou de sa fille oublié à l’hôtel en à peine 3h, sourit Denis Mourrain, le directeur général. Nous avons aussi des demandes de professionnels qui ont des délais très serrés. »

Concrètement, après s’être signalé via l’appli pour envoyer un colis, il suffit de se rendre chez un commerçant partenaire (près des gares) pour glisser son produit dans un Living Packet. Un méticuleux contrôle est effectué. « Il y a bien sûr une liste de produits interdits, comme les armes, détaille Denis Mourrain. Le tout est pris en photo, et est ensuite montré au voyageur qui se sera entre-temps proposé pour acheminer le colis. Une fois qu’il est venu le chercher et que le trajet est effectué, il le déposera chez un autre commerçant partenaire. » Qui n’aura plus qu’à attendre le destinataire et lui remettre son colis.

18 euros l’envoi

Si la start-up espère que l’offre et la demande coïncideront (c’est la grande inconnue), elle assure en tout cas que les transporteurs traditionnels n’arriveront de toute façon pas à faire face à l’explosion du secteur de la livraison. Chez Living Packets, un envoi revient à 18 euros, reversé à la start-up (4euros), le voyageur qui achemine le colis (10 euros) et les deux commerçants au départ et à l’arrivée (2 euros chacun). « On a tous eu l’expérience d’un colis endommagé ou perdu, estime Denis Mourrain. C’est le prix pour bénéficier de la rapidité et de la sécurité. Et c’est moins cher qu’un aller-retour en train pour transporter en personne l’objet à envoyer… »

Quelque 200 voyageurs habitués de l’Eurostar se seraient déjà montrés intéressés, et un hôtel londonien (qui doit gérer les objets perdus ou oubliés des clients) est partenaire. D’autres lignes en France et à l’étranger pourront ouvrir si le premier test est réussi, et selon les demandes des clients.