Bulletin de salaire simplifié: Trois questions pour tout comprendre

ARGENT Toutes les entreprises sont concernées par la nouvelle fiche de paie simplifiée depuis le 1er janvier 2018…

Nicolas Raffin

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Illustration d'un bulletin de salaire.

Illustration d'un bulletin de salaire. — ALLILI MOURAD/SIPA

  • Une nouvelle fiche de paie est entrée en vigueur début 2018. 
  • Elle vise à simplifier sa lecture par le salarié. 
  • La nouvelle présentation est indépendante des réformes fiscales voulues par le gouvernement. 

C’est l’une des conséquences tardives du « choc de simplification » voulu par François Hollande. Que vous soyez salariés d’une TPE ou d’une PME, le bulletin de paie de janvier 2018 que vous devez recevoir ces jours-ci, devrait être « clarifié » ou « simplifié » par rapport aux mois précédents. La mesure, valable dès 2017 pour les grandes structures (+ de 300 salariés), est désormais étendue à toutes les entreprises. 20 Minutes vous explique les changements en trois questions.

Pourquoi parle-t-on de bulletin de paie « simplifié » ?

Principale innovation : le nouveau bulletin de salaire regroupe les cotisations par « branche » (voir exemple de bulletin de paie ci-dessous). Sous la mention du salaire brut (1)- qui doit détailler obligatoirement les primes ou éventuelles heures supplémentaires-, on retrouve les cotisations à déduire du salaire brut (2) classées par catégories : santé, retraite, famille et sécurité sociale, chômage.

Un extrait d'un bulletin de paie
Un extrait d'un bulletin de paie - Rossignol&associés

Par ailleurs, les contributions uniquement à la charge de l’employeur (versement transport, forfait social, formation) sont regroupées à la ligne « autre contributions dues » (3), sans détail des montants affectés à tel ou tel organisme. Enfin, la ligne « allègement de cotisations » (4) résume les allégements de charges dont bénéficie l’employeur (via le CICE par exemple).

Ces changements peuvent provoquer des questions légitimes de la part des salariés. « Il est important de communiquer et de les prévenir en amont plutôt que d’attendre d’avoir les retours » conseille Céline Dumont-Bauer, associée du réseau de cabinets d’expert-comptable et commissaires aux comptes Absoluce. Plusieurs entreprises ont ainsi décidé d’accompagner la fiche de paie de janvier d’une note explicative détaillant les changements.

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À quoi ça sert ?

« L’objectif est de permettre au salarié de mieux comprendre ce qui finance sa protection sociale. Ce nouveau bulletin de paie a une vertu pédagogique » explique Elodie Tabel-Diffaza, responsable de la gestion sociale chez In Extenso. Avec le regroupement des cotisations, il a aussi vocation à être plus lisible que l’ancien.

Mais la fiche de paie pourrait également avoir un autre effet, au moment de négocier une augmentation : « Désormais, le salarié connaît le total de ce que l’employeur verse en termes de cotisations. Il connaît donc le "coût patronal", poursuit Elodie Tabel-Diffaza. Par exemple, lorsque le salarié négocie une augmentation de 50 euros par mois, il peut comprendre que l’entreprise devra débourser plus que cette somme afin que l’augmentation demandée se traduise sur la fiche de paie ».

Est-ce que ça change le calcul du salaire ?

Non. Les changements dans la présentation du bulletin de paie n’ont aucune incidence sur le « net à payer ». En revanche, et c’est ce qui peut troubler certains salariés, l’arrivée de ce nouveau bulletin de salaire coïncide avec de grands changements dans la fiscalité des ménages. À la suite des réformes voulues par Emmanuel Macron, le taux de CSG est désormais fixé à 6,80 % (contre 5,10 %) auparavant.

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En contrepartie, la cotisation maladie des salariés est supprimée, et la cotisation assurance-chômage diminuée, avant sa disparition programmée en octobre. Le gouvernement a d’ailleurs beaucoup communiqué sur l’augmentation du salaire que la réforme est censée produire. Mais tous les salariés ne verront pas forcément leur rémunération progresser : « Si des organismes de prévoyance (complémentaire santé, invalidité) augmentent leurs cotisations, le gain de pouvoir d’achat sera grignoté » remarque un directeur de la paie d’une entreprise cité par Ouest France. L’État ne peut pas tout contrôler.