Réforme de l’apprentissage: «Beaucoup de personnes pensent que c’est une voie de garage»

VOUS TÉMOIGNEZ Les internautes nous racontent leur expérience de l’apprentissage et les améliorations à apporter au système…

Nicolas Raffin
— 
Des jeunes en apprentissage à l'Institut National de Boulangerie et de Patisserie (INPB) le 20 novembre 2012 à Rouen
Des jeunes en apprentissage à l'Institut National de Boulangerie et de Patisserie (INPB) le 20 novembre 2012 à Rouen — Charly Triballeau AFP
  • Emmanuel Macron veut réformer l’apprentissage et le rendre plus attractif.
  • Le  rapport de synthèse de la concertation lancée à l'automne sur cette réforme doit être rendu ce mardi 30 janvier.
  • Les témoignages des lecteurs de 20 Minutes montrent une certaine fierté des apprentis à être passés par cette formation.
  • Ils soulignent aussi la nécessité de mieux encadrer le travail en entreprise.

La réforme de l’apprentissage voulue par Emmanuel Macron avance à grand pas. Un rapport de synthèse issu de la concertation lancée fin 2017 doit être présenté ce mardi à la presse. Il servira de base à une future loi, qui devrait être votée au printemps 2018. Pour l’exécutif, le but est de développer l’apprentissage en France, alors que cette formation est bien souvent déconsidérée.

>> Lire aussi : La bourde du PDG de Veolia sur l'apprentissage 

Une image souvent injuste, à en croire les nombreux témoignages envoyés à 20 Minutes par les internautes. « L’apprentissage reste le meilleur moyen de trouver un métier explique Katu, qui a réalisé deux BTS en alternance dans le secteur du bâtiment. Beaucoup de personnes pensent que c’est une voie de garage si le jeune n’est pas assez bon pour suivre des études supérieures générales. Détrompez-vous, on obtient le même diplôme qu’en formation continue » conclut-elle.

Plus de financements

Même affirmation pour Lutinos : « J’ai vécu l’apprentissage comme un véritable tremplin, ça m’a ouvert des portes inimaginables, et pour rien au monde je ne renierais cette étape de ma formation professionnelle » écrit-il. « N’étant pas du tout à l’aise à l’école, l’apprentissage a été pour moi le meilleur choix et je ne regrette pas » complète Joanny.

Au-delà de leur reconnaissance envers cette formation, certains réclament davantage de moyens pour l’apprentissage. « Les études sont de plus en plus longues, note Benoit, titulaire d’un CAP, d’un BTS et d’un diplôme d’ingénieur. Il est donc nécessaire de pouvoir accompagner financièrement nos étudiants ». Actuellement, environ 8,2 milliards d’euros sont dépensés chaque année dans l’apprentissage en France.

« Il faut que les entreprises jouent le jeu »

Les apprentis qui ont répondu à l’appel de 20 Minutes relèvent aussi des points à améliorer afin de rendre l’apprentissage plus attractif. « Mon patron a énormément de travail et n’a pas le temps de me former, regrette Chloé, apprentie ébéniste. Je suis sa première apprentie, il ne savait pas à quoi s’attendre mais il espérait que je sois davantage "rentable". Les patrons ont tendance à oublier que les jeunes sont là pour se former et non pas pour remplacer un salarié à moindre coût. »

« Cela fait déjà un an que ma fille cherche pour un contrat ASV (auxiliaire spécialisée vétérinaire), un domaine qui lui tient vraiment à cœur, écrit Sarah. Il faut que les entreprises jouent le jeu ». Autant de pistes qui pourront peut-être donner des idées aux députés au moment de voter le projet de loi sur l’apprentissage…