Après Lyon, Bordeaux et Nantes de plus en plus attractives pour les chefs d'entreprises, mais loin derrière Paris

PALMARES BureauxLocaux.com publie ce mardi son palmarès des villes les plus recherchées par les chefs d’entreprise, où l’on constate une forte progression de Bordeaux et Nantes en un an…

Mickaël Bosredon

— 

Image de synthèse du futur quartier Tribequa au sein de l'opération Bordeaux Euratlantique
Image de synthèse du futur quartier Tribequa au sein de l'opération Bordeaux Euratlantique — Virginlemon
  • Bordeaux et Nantes talonnent désormais Marseille, et devancent Toulouse qui décroche.
  • Ces deux villes bénéficient de plus en plus d’être à deux heures de Paris.
  • Lyon reste toutefois bien ancré à la première place.

Bordeaux attire de plus en plus les entreprises. Selon le baromètre du site BureauxLocaux.com (qui sera publié ce mardi), qui a analysé les recherches d’un million de dirigeants d’entreprises au deuxième semestre 2017, la capitale de la Nouvelle-Aquitaine concentre désormais 9,8 % des recherches en province, et se classe troisième ville de province la plus attractive. Soit une place de mieux qu’en 2016, année où Bordeaux concentrait 8,3 % des recherches.

>> A lire aussi : Plus de 2.000 emplois créés en 2017 sur la métropole de Bordeaux grâce aux implantations d'entreprises

Bordeaux talonne désormais Marseille (12,8 % des recherches) mais reste loin derrière Lyon (27,6 %). Elle devance de peu Nantes (9,7 %), « ville dont l’attractivité a le plus progressé en 2017 », souligne Sophie Desmazières, directrice de BureauxLocaux.com. La capitale de Loire-Atlantique ne représentait en effet que 6,1 % des recherches de dirigeants d’entreprises en 2016. Toulouse arrive cinquième avec 9,5 %, et perd deux places par rapport au palmarès de 2016.

Attention à l’augmentation des prix à Bordeaux

« Très clairement, il y a un effet “deux heures de Paris” qui favorise Bordeaux et Nantes, et qui pénalise Toulouse, analyse encore Sophie Desmazières. Le fait d’être à deux heures de Paris permet à des cadres de commuter désormais avec Bordeaux, c’est-à-dire de venir y passer une ou deux journées par semaine. Cela permet aussi de faire l’aller-retour dans la journée. »

>> A lire aussi : Un site Internet et une plateforme téléphonique pour aider les entrepreneurs à Nantes

« Entre la LGV et Euratlantique, l’attractivité bordelaise n’est plus à démontrer, poursuit Sophie Desmazières. Mais il y a un effet pervers qui sera à surveiller, c’est l’augmentation des prix. Comme dans le résidentiel, le tarif des bureaux a pris 15 % en 2017 [il s’affiche désormais à 146 euros HT/m2/an et peut monter jusqu’à 270 euros]. Et pour certains cadres, le prix des loyers dans le résidentiel est devenu trop élevé à Bordeaux, ce qui explique la forte poussée de Nantes, où le prix du logement est inférieur de 30 %. Autre phénomène qui dessert Bordeaux : le prix du billet de TGV pour Paris, 20 à 25 % plus cher que le prix du Paris-Nantes. »

Concernant les quartiers bordelais les plus recherchés, « il y a toujours une forte volonté d’hyper-centre, et Euratlantique tire évidemment son épingle du jeu du fait de sa proximité avec la gare LGV, même s’il propose surtout des grandes surfaces ce qui n’est parfois pas évident pour le marché intermédiaire. »

Lyon indéboulonnable, Paris hors classement

En tête de ce classement, Lyon semble pour sa part indéboulonnable. « C’est une ville qui a trouvé son écosystème d’entreprises, ce qui n’est pas le cas de Marseille, où les problèmes de circulation sont un véritable frein à l’installation d’entreprises. » Résultat : « Marseille est en train de se faire rattraper par Bordeaux et Nantes. »

>> A lire aussi : Lyon, Bordeaux et Marseille villes les plus dynamiques après Paris

La concentration à Paris s'accentue

Reste le cas de Paris, qui fait l’objet d’un classement à part dans le baromètre de BureauxLocaux.com. « La concentration d’entreprises dans la capitale s’accentue, et l’attractivité de Paris n’a jamais été aussi forte », souligne Sophie Desmazières.

Dans la capitale, le « dynamisme de l’hyper-centre est de plus en plus fort, au profit de quartiers comme Le Marais et Bourse, et au détriment du Parc Monceau ou du XVIe, qui ne fait plus rêver. Désormais, les entreprises privilégient les quartiers où il fait bon vivre, avec des bistrots pour boire un verre après le travail, quitte à avoir moins de surface. »