Nantes: Et si les petits revenus pouvaient aussi épargner?

SOCIAL Un dispositif de micro-épargne, unique en France, vient d’être lancé à Nantes…

Julie Urbach

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Illustration d'une tirelire
Illustration d'une tirelire — FRANCK LODI/SIPA
  • La ville et le Crédit Municipal de Nantes ont mis au point un dispositif innovant.
  • Il propose, pour 1 euro, l’ouverture d’un livret d’épargne dématérialisé dont le fonctionnement est adapté aux petites sommes d’argent.

Mettre des sous de côté quand on n’arrive pas à payer ses factures, la démarche peut sembler insensée pour les 2,4 millions de Français en situation de fragilité financière. C’est pourtant bien ce que souhaite encourager Nantes, première ville de France à lancer un dispositif de micro-épargne, en partenariat avec le Crédit municipal. Objectif : que n’importe quel Nantais, même à faible revenu, puisse « mieux anticiper l’avenir » et « mener à bien un projet ».

Dépôts de quelques euros

Plutôt que de ranger quelques pièces ou billets dans une boîte, le dispositif propose, pour 1 euro, l’ouverture d’un livret d’épargne dématérialisé. « Les personnes concernées, même si elles viennent verser quelques euros, ne seront pas jugées par un conseiller bancaire puisque ce sont les agents du centre communal d’action social qui les recevront. » Pour prétendre à cette offre, les personnes seules devront avoir un revenu inférieur à 1.432 euros par mois, 2.864 euros pour une famille de quatre personnes. Plafonné à 3.000 euros, il offre un taux de rémunération à 1,25 % et surtout un vrai accompagnement.

« L’objectif est de réfléchir à l’utilisation de cette épargne, indique Johanna Rolland, la maire (PS) de Nantes. Cette somme pourra permettre de faire face à un coup dur, comme la panne d’un véhicule, ou de monter un projet, comme partir quelques jours en vacances. » La ville, qui s’est engagée à abonder de 25 % de la somme épargnée (jusqu’à 250 euros), espère que cette expérimentation permettra de pallier le recours à des solutions « risquées », parfois source de surendettement. En 2016, plus de 3.000 personnes ne parvenant plus à faire face à leurs dettes ont déposé un dossier de surendettement dans le département.