Paradis fiscaux: L'Union européenne supprime huit pays de sa liste noire, dont le Panama

FISCALITE Le conseil des ministres des finances avait adopté, le 5 décembre, une liste noire de 17 pays à la suite des révélations de scandales d’évasion fiscale…

C. F. avec AFP

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Jean-Claude Juncker et Bruno Le Maire (à d.), à Bruxelles, le 5 décembre 2017.
Jean-Claude Juncker et Bruno Le Maire (à d.), à Bruxelles, le 5 décembre 2017. — Frederic Sierakowski / Isopix / Sipa

Les 28 ministres des finances de l’Union européenne (UE) ont retiré huit pays de leur liste noire des paradis fiscaux, ce mardi à Bruxelles, a annoncé le conseil des ministres dans un communiqué. Lesdits pays sont le Panama, la Corée du Sud, les Emirats arabes unis, la Tunisie, la Mongolie, Macao, la Grenade et la Barbade.

Les huit pays retirés de la liste noire passent sur une liste grise, celles des pays qui ont pris des engagements de bonne conduite en matière fiscale. Ils feront toutefois l’objet d’un suivi.

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Engagements écrits

Pour chacun des pays retirés de la liste, les autorités ont fourni des engagements « par des lettres signées à un très haut niveau », selon le communiqué. Le ministre bulgare des Finances, Vladislav Goranov, a expliqué que les pays concernés « ont travaillé dur pour s’engager à réformer leur politique fiscale » et que, à ce titre, « la liste noire fonctionne ».

Bruno Le Maire, le ministre français des Finances, a réagi dans le même sens sur Twitter : « Liste noire des paradis fiscaux : la pression européenne a apporté ses premiers résultats ! »

Encore neuf pays sur la liste

Dès lors, la liste noire adoptée le 5 décembre – la première dans l’histoire de l’UE – n’est plus composée que de neuf pays : Bahreïn, Guam, les Îles Marshall, la Namibie, les Palaos, Samoa, les Samoa américaines, Sainte-Lucie et Trinité-et-Tobago. L’ensemble de ces juridictions sont situées hors de l’UE.

L’adoption de cette liste avait été décidée dans le sillage d’une série de scandales d’évasion fiscale révélés par le Consortium international des journalistes d’investigation : les « LuxLeaks » fin 2014, les « Panama Papers » en avril 2016, et les « Paradise papers » en novembre 2017.

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