Brexit: Déjà 10 entreprises étrangères ont quitté Londres pour Paris, une soixantaine pourraient suivre

GUICHET UNIQUE La région parisienne a accueilli une dizaine d’entreprises étrangères sur son territoire depuis l'annonce du Brexit et une soixantaine sont en pourparlers…

Camille Obry

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Quartier des affaires de La Défense.
Quartier des affaires de La Défense. — C.ANGER
  • Depuis l'annonce du Brexit, les entreprises étrangères cherchent à déménager un ou plusieurs de leurs services de Londres à Paris. 
  • Après HSBC, c'est au tour de l'Autorité bancaire européenne de choisir de s'installer à Paris. 

La mise en place prochaine du Brexit n’arrange pas les entreprises anglaises et internationales. Un sentiment d’incertitude règne au Royaume-Uni, « et les entreprises n’aiment pas l’incertitude », note Marie-Célie Guillaume, directrice générale de Paris La Défense. La France est en pleine promotion de son attractivité. 

Ce lundi, Emmanuel Macron reçoit 140 patrons de multinationales étrangères et françaises, au château de Versailles, lors d’un sommet baptisé « Choose France » (« Choisir la France »). Les PDG de Coca-Cola, Danone, Goldman Sachs et JPMorgan notamment seront présents pour un discours en anglais du chef de l’Etat français. Une aubaine pour Paris qui avait déjà lancé une politique d’attractivité locale.

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En 2016, Defacto –nouvellement Paris La Défense et qui gérait et animait le quartier d’affaires – a lancé une campagne de communication en France, mais aussi outre-Manche. Des panneaux avec marqué « Tired of the fog ? Tried the frog » (« fatiguée du brouillard ? Essayez la grenouille ») incitaient les Londoniens à s’installer dans la capitale française. « Le but était d’attirer l’attention sur le côté business de Paris », explique Marie-Célie Guillaume.

En février 2017, un communiqué a été envoyé dans les deux capitales pour montrer les atouts de La Défense. Le quartier d’affaires a déjà convaincu la présence de 205 entreprises étrangères de s’y installer. S’il reste « un des atouts de Paris », « toutes les entreprises ne vont pas venir s’installer forcément dans ce quartier », précise Marie-Célie Guillaume.

L’Autorité bancaire européenne bientôt à Paris

Depuis la création du guichet unique, soutenu par la région Ile-de-France et Paris Région Entreprise, « une dizaine d’entreprises se sont réellement implantées et une soixantaine de dossiers sont suivis », explique Robin Rivaton, directeur général de Paris Région Entreprise. A cause du Brexit, l’Autorité bancaire européenne (ABE) va déménager de Londres à Paris. Une installation dans la capitale qui suit celle de HSBC, qui va déplacer 1.000 emplois de Londres à Paris.

L'ABE vient à Paris malgré la concurence de sept autres villes, dont celle de Francfort qui abrite la Banque centrale européenne. « Le plus de Francfort, c’est la présence de la BCE qui attire les banques. Elles y installent leurs équipes juridiques qui sont petites, explique Robin Rivaton. Le vrai business est à Paris. Demain, on se tournera en plus vers l’industrie et la logistique. »

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Pour attirer les entreprises étrangères, cela se joue également au niveau national. Le gouvernement a mis en place une politique d’attractivité, avec notamment la baisse des charges sociales sur les hauts salaires.

Pour l’instant l’organisation du guichet unique n’évoluera pas. « On est dans un système qui fonctionne. Nos équipes ne coûtent rien et on n’a pas de budget dédié. C’est un système souple, s’enthousiasme Robin Rivaton. Pour la première fois, un investisseur étranger qui arrive sur le territoire Ile-de-France peut avoir un service unique par une entité. On est persuadé que c’est un dispositif qui va être reconduit. » Mais si le flux devient plus important dans les prochaines années, « le guichet pourrait grossir ».