Apple va rapatrier tout son cash étranger et payer 38 milliards d'impôts aux Etats-Unis

FINANCE L'entreprise a annoncé un investissement majeur dans l'économie américaine, va construire un nouveau campus et distribuer des primes à presque tous ses employés...

P.B. avec AFP

— 

Une boutique Apple Store en Chine (illustration).
Une boutique Apple Store en Chine (illustration). — Yuan Kejia/SIPA ASIA/SIPA
  • L'entreprise profite d'une ristourne fiscale pour rapatrier ses bénéfices réalisés à l'étranger.
  • Apple va payer 38 milliards d'impôts aux Etats-Unis et économise au passage des dizaines de milliards de dollars.
  • L'entreprise promet d'investir dans l'économie américaine et devrait proposer une prime à ses employés.

C’est Noël en janvier chez Apple. Mercredi, l’entreprise a annoncé qu’elle allait payer 38 milliards de dollars d’impôts aux Etats-Unis et investir 350 milliards de dollars dans l’économie américaine sur cinq ans, notamment en construisant un nouveau campus et en créant 20.000 emplois supplémentaires. Mais pour vraiment comprendre l’annonce, il faut lire entre les lignes.

Apple va économiser 50 milliards de dollars d’impôts

Apple ne va pas payer 38 milliards de dollars par pur civisme fiscal. L’entreprise explique en milieu de communiqué qu’il s’agit « d’une réquisition due aux changements de la loi sur les impôts ». En clair, même si la firme à la pomme ne l’explicite pas, il semble qu’elle va profiter de la ristourne de la réforme fiscale votée par le Congrès américain pour rapatrier ses 250 milliards de dollars de cash qui dormaient à l’étranger.

Pendant un an, les entreprises peuvent rapatrier leurs bénéfices réalisés à l’étranger et n’être taxées par le fisc américain qu’à 15,5 %, contre 35 % précédemment. Et 15,5 % de 250 milliards, c’est presque exactement 38 milliards. Si Apple avait rapatrié son cash l’an dernier, il aurait payé 87,5 milliards de dollars d’impôts. Le géant économise ainsi près de 50 milliards de dollars. Surtout, la nouvelle loi prévoit que les bénéfices réalisés à l’étranger seront taxés, qu’ils soient rapatriés ou pas. Apple avait donc tout intérêt à ramener ses valises de billets aux Etats-Unis alors que l’impôt passera à 21 % l’an prochain.

En résumé, Apple (comme Google, Microsoft, Amazon et tous les géants américains) a payé des impôts réduits à l’étranger en profitant de l’optimisation fiscale pendant des années, et il peut aujourd’hui rapatrier aux Etats-Unis son trésor de guerre à des conditions très avantageuses.

Prime pour les employés et investissement dans l’économie américaine

Apple indique également qu’il va contribuer "directement à l’économie américaine" à hauteur de plus de 350 milliards de dollars dans les cinq années qui viennent, au travers notamment de 20.000 créations d’emploi ou d’investissements auprès de ses fournisseurs et sous-traitants aux Etats-Unis. Apple compte ouvrir un nouveau "campus" destiné dans un premier temps à accueillir les services d’assistance technique aux clients du groupe. Son implantation géographique sera révélée plus tard dans l’année. Selon CNBC, Apple va également accorder une prime en actions de 2.500 dollars à l’immense majorité de ses 120.000 employés dans le monde entier, y compris les vendeurs en boutique.

La réforme fiscale de Donald Trump aurait-elle du bon ? Selon les économistes, le véritable test sera sur les salaires et sur l’embauche. En 2004, une mesure similaire n’avait pas eu les effets escomptés : la plupart des entreprises avaient préféré récompenser leurs actionnaires.