Nouvelle-Aquitaine: Pourquoi le secteur du transport et de la logistique recherche plus de 1.500 emplois

RECRUTEMENTS Pour diverses raisons, le secteur de la logistique et du transport peine à recruter ces derniers mois, et lance une grande campagne pour attirer de nouveaux profils vers ses métiers…

Mickaël Bosredon

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Un poids-lourd (illustration)
Un poids-lourd (illustration) — C. Allain / APEI / 20 Minutes
  • Le secteur du transport et de la logistique doit faire face à de nombreux départs à la retraite.
  • La reprise de l’activité a été très forte l’été dernier.
  • Ces métiers, notamment celui de routier, pâtissent encore d’une mauvaise image.

En Nouvelle-Aquitaine, le secteur du transport et de la logistique est à la recherche, d’au moins… 1.545 postes « directement employables ou à former ». Ce recensement est le résultat d’une initiative intitulée Tremplin (TRansport EMPLoi INnovation), grande mobilisation en faveur de l’emploi lancée par les organisations professionnelles de la branche ( FNTR, Union TLF, FNTV, CSD et Unostra) en septembre dernier.

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« 1.545 postes c’est un minimum, insiste Jérôme Bessiere, secrétaire général de la FNTR Sud-Ouest, car nous n’avons recensé que les emplois de nos entreprises adhérentes. En réalité c’est donc beaucoup plus. » Mais qu’est-ce qui explique ce besoin soudain de recrutement ? « Il y a plusieurs facteurs, poursuit Jérôme Bessiere, le premier étant que nous sommes en plein papy-boom dans nos métiers avec de nombreux départs à la retraite. »

« Nous pâtissons encore de l’image du routier tatoué »

Ce phénomène, conjugué à « une forte reprise de l’activité l’été dernier » a fait que plusieurs entreprises se sont retrouvées dépassées. « Après, il y a l’évolution du marché : les magasins n’ont quasiment plus de surfaces de stocks, et préfèrent fonctionner à flux tendu, ce qui veut dire plus de camions. Parallèlement, nous connaissons une explosion de l’e-commerce, avec des livraisons très souvent personalisées, ce qui se traduit là encore par plus de camions et plus de chauffeurs. »

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La FNTR reconnaît par ailleurs avoir parfois du mal à attirer les jeunes vers ses métiers. « Nos métiers pâtissent encore d’une mauvaise réputation, avec cette image du routier tatoué, alors que nous sommes à des années-lumière de la réalité. D’ailleurs lorsque nous organisons des rencontres-métiers auprès des jeunes, ils sont subjugués par toute la technologie que l’on trouve maintenant dans les poids-lourds. »

« Avoir 40 tonnes entre les mains, c’est une sacrée responsabilité »

Si les organisations recherchent des jeunes à former, des adultes en reconversion, de tout âge et hommes comme femmes, attention, ils ne prennent pas n’importe qui pour autant. « Avoir 40 tonnes entre les mains, c’est une sacrée responsabilité, c’est pourquoi nous avons besoin de personnes fiables. »

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Si les salaires sont variables en fonction du type de camion que l’on conduit et des déplacements que l’on réalise, et démarrent très souvent au smic, « ils peuvent atteindre 2.500 à 3.000 euros nets/mois » assure Jérôme Bessiere.

Le secteur est essentiellement à la recherche de conducteurs routiers, mais aussi d’opérateurs et d’exploitants logistiques, ou encore de mécaniciens. Et ce, sur l’ensemble du territoire. « Les grandes agglomérations comme Bordeaux sont en première ligne, mais il y a des besoins dans la Creuse également. »