Une croissance jamais vue depuis 2011: L'Insee relève ses prévisions pour la France à 1,9%

CONJONCTURE La croissance est en grande forme malgré un taux de chômage qui peine à diminuer…

20 Minutes avec AFP

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Les bâtiments de l'Insee à Paris
Les bâtiments de l'Insee à Paris — THOMAS SAMSON / AFP

Après octobre, l’Insee relève encore ses prévisions pour la France. Tablant initialement sur 1,6 % pour 2017, l’institut de la statistique avait corrigé ses chiffres il y a deux mois à 1,8 % avant ce mardi de les élever à 1,9 %. Et il anticipe un maintien de la cadence début 2018 qui ne fera toutefois que légèrement décroître le taux de chômage.

Dans sa note de conjoncture trimestrielle, l’organisme public a encore rehaussé sa prévision de 0,1 point, se montrant plus optimiste que le gouvernement, la Banque de France, la Commission européenne et les autres organismes internationaux.

Un PIB en hausse de 0,6 %

Dans le détail, le PIB devrait ainsi augmenter de 0,6 % sur les trois derniers mois de l’année, puis progresser de 0,5 % au premier trimestre 2018. Il devrait ensuite légèrement ralentir à 0,4 % au deuxième trimestre. A ce rythme, l'« acquis de croissance » - c’est-à-dire le niveau que le PIB atteindrait si l’activité ne progressait pas sur les deux derniers trimestres de 2018 - s’établirait à fin juin à 1,7 %, laissant donc augurer un bon chiffre sur l’ensemble de l’année.

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A l’origine de cette bonne cadence, l’optimisme des chefs d’entreprise : le climat des affaires a atteint en novembre son plus haut niveau depuis début 2008.

Outre la production qui devrait être dynamique, aussi bien dans l’industrie que les services, l’investissement des entreprises devrait rester particulièrement solide et progresser de 1,2 % au dernier trimestre 2017, puis de 1,1 % et 0,9 % sur les deux trimestres suivants.

Une consommation en demi-teinte

L’Hexagone devrait aussi profiter en fin d’année d’une envolée des exportations, grâce à un rattrapage des ventes aéronautiques civiles, à de bonnes exportations agricoles et au redressement du tourisme après les attentats de 2015 et 2016.

En revanche, le pouvoir d’achat des ménages devrait pâtir début 2018 du regain d’inflation et « des effets du calendrier fiscal », selon l’Insee. Les mesures défavorables au pouvoir d’achat (hausse de la CSG, de la fiscalité sur le tabac et les produits pétroliers) seront en effet concentrées sur le début d’année, tandis que les mesures favorables, en particulier la réduction de la taxe d’habitation, interviendront en fin d’année.

De fait, la consommation des ménages devrait ralentir et progresser de seulement 0,3 % par trimestre d’ici la mi-2018, après avoir augmenté de 0,6 % au troisième trimestre 2017.

« Des capacités qui ont été détruites »

Selon Dorian Roucher, chef de la section synthèse conjoncturelle à l’Insee, fin 2017, 38 % des entreprises déclarent souffrir de difficultés de recrutement, « ce qui est une proportion inédite depuis 10 ans ». « Ça suggère qu’il y a des capacités qui ont été détruites » au cours des dernières crises successives, aussi bien en actifs de production qu’en capital humain, a-t-il avancé.

Une étude Pôle emploi dévoilée mardi montre qu’entre 200.000 et 330.000 projets de recrutements ont été abandonnés « faute de candidats » en 2017.