La ponctualité des TER se dégrade presque partout en France selon l’UFC-Que Choisir

TRANSPORTS L’association demande également une meilleure politique d’indemnisation pour les usagers…

Nicolas Raffin

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Un train TER (illustration)
Un train TER (illustration) — C.Triballeau/AFP
  • Selon un calcul de l’association de consommateurs, la qualité de service des TER s’est dégradée entre 2015 et 2017.
  • La majorité des retards sont imputables à la SNCF.
  • L’UFC-Que Choisir demande un durcissement des pénalités.

Des trains du quotidien qui arrivent de plus en plus en retard, ou qui n’arrivent pas du tout. Une étude de l’UFC-Que Choisir publiée mardi se montre particulièrement critique à l’égard des trains express régionaux (TER) et de la SNCF.

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Pour son travail, l’association a calculé le taux de « ponctualité »* des TER entre novembre 2016 et octobre 2017, et les a comparés à la période novembre 2014-octobre 2015. Verdict : alors que 89,4 % des trains étaient ponctuels en 2015, ce taux passe à 89,2 % pour l’année 2017, soit une baisse de 0,2 point en deux ans. Sur 18 conventions régionales TER étudiées, 15 affichent une dégradation de leur ponctualité. Une situation « inacceptable » pour l’UFC-Que Choisir qui appelle les régions – gestionnaires des TER – et la SNCF à réagir.

PACA bonnet d’âne

« Quand la SNCF communique sur les retards, elle parle seulement du taux de régularité, qui n’inclut pas les trains déprogrammés ou annulés, note Mathieu Escot, responsable des études à l’UFC Que-Choisir. Nous, on se met à la place de l’usager, et on considère que la vraie ponctualité, c’est quand le train qu’on doit prendre est bien là et arrive à l’heure ». Contactée, la SNCF reconnait avoir une méthode de calcul différente... et des résultats différents: « le taux de régularité qui se dégradait depuis plusieurs années s'améliore depuis un an » précise l'entreprise à 20 Minutes

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Selon l’étude de l’association, les TER les plus ponctuels se trouvent en Bretagne (93,9 %), en Haute-Normandie (93,2 %) et dans le Grand Est (93,2 %). A l’inverse, les bonnets d’âne sont décernés aux trains circulant en Rhône-Alpes (86,1 %) et en Provence Alpes Côte d’Azur (81,6 %). Des situations d’autant plus difficiles à vivre pour les usagers que « les retards se concentrent aux heures de pointe » note l’association.

La SNCF responsable de la majorité des retards

Pour régler la situation, l’UFC Que-Choisir suggère aux régions d’augmenter fortement les pénalités infligées à la SNCF en cas de « qualité dégradée ». Une politique appliquée récemment par Laurent Wauquiez en Auvergne-Rhône Alpes, avec une pénalité de 150 euros chaque fois qu’un train arrivera en retard. Le transporteur est également appelé à faire des efforts dans la gestion de son service : « la majorité des retards des TER (59 %) sont imputables à la SNCF, et pas aux infrastructures ou aux causes extérieures (météo), rappelle Mathieu Escot. Par exemple, un train qui n’est pas à quai à temps, un TER qui en attend un autre pour une correspondance, etc ».

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Enfin, l’association demande également une meilleure politique d’indemnisation pour les voyageurs abonnés au TER. « Seules 7 conventions TER régionales sur 18 ont instauré un dispositif de remboursement automatique » regrette l’étude. Les abonnés sont pourtant les principales victimes du retard de ces trains du quotidien.

 

*Pour calculer son taux de ponctualité, l’UFC a calculé le ratio entre le nombre de trains programmés dans l’année et ceux qui sont arrivés avec moins de 6 minutes de retard.

A l’inverse, la SNCF calcule un taux de « régularité » en se basant uniquement sur les trains ayant effectivement circulé. Les trains « déprogrammés » (la veille du départ avant 16h) ou « annulés » (après 16h) ne sont pas inclus dans le calcul, contrairement à celui de l’UFC Que-Choisir qui prend en compte les trains annulés.