Rennes: L’une des plus vieilles imprimeries de la ville ferme dans l’indifférence

LIQUIDATION La société Les Presses de Bretagne a été placée en liquidation judiciaire…

Camille Allain

— 

L'imprimerie Les Presses de Bretagne, située à Rennes, a été placée en liquidation judiciaire le 1er décembre 2017. Lancer le diaporama
L'imprimerie Les Presses de Bretagne, située à Rennes, a été placée en liquidation judiciaire le 1er décembre 2017. — C. Allain / 20 Minutes
  • Les Presses de Bretagne ont été placées en liquidation judiciaire vendredi.
  • Une quarantaine de salariés se retrouve au chômage du jour au lendemain.
  • L’imprimerie avait été fondée en 1906.

« Tous les salariés ont travaillé jusqu’au bout. On a honoré toutes les commandes. La dernière est partie jeudi à 15h30 ». Depuis, les rotatives de la société Les Presses de Bretagne ont été arrêtées, sans doute pour toujours. Vendredi, le tribunal de commerce de Rennes a prononcé la liquidation judiciaire de l’entreprise installée dans la ZI sud-est. Fondée en 1906, elle était l’une des plus vieilles imprimeries de la capitale bretonne.

« C’est un gâchis »

Ce lundi, la quarantaine de salariés s’est retrouvée sur le site pour échanger une dernière fois. « Le sentiment qui prédomine c’est le gâchis », lâche Christophe Le Gall, salarié et membre du comité d’entreprise. Ici, la plupart des ouvriers affichaient vingt à trente ans d’expérience dans la boîte. Mal en point, les Presses de Bretagne étaient déjà passées par deux plans sociaux pour tenter de se remettre à flot. En vain.

Après avoir compté une centaine de salariés, l’imprimerie rachetée en 2008 par l’investisseur Dov Kayat vivotait depuis deux ans. « Tout n’a sans doute pas été fait pour sauver l’outil. On a perdu beaucoup de marchés. Certains sont partis en Pologne mais on en a aussi perdu par manque de compétitivité », poursuit le responsable du CE. Faute de moyens, les machines n’étaient plus entretenues et ne pouvaient plus tourner à plein régime. La société n’avait plus les moyens d’investir dans du nouveau matériel, très coûteux. Tour à tour, les clients comme Harmonie Mutuelle, la ville de Rennes ou le conseil départemental ont choisi d’autres prestataires pour imprimer leurs magazines.

Les machines, parfois longues de dizaines de mètres, vont être revendues. Les plus anciennes partiront chez le ferrailleur. « Là aussi, il y a du gâchis », glisse Laurent, salarié en maintenance. « Quand je suis arrivé, on imprimait de beaux magazines, il y avait du travail. Ces derniers temps, on ne faisait que de la pub ». Du volume certes, mais qui ne rapportait rien, ou presque.

« Ça faisait déjà deux ans qu’on le sentait »

Les salariés des Presses de Bretagne sont maintenant au chômage économique. Une première pour la plupart, qui se demandent où ils vont pouvoir travailler du haut de leurs 50 ans. « On s’en doutait, ça faisait déjà deux ans qu’on le sentait. Mais les gens sont touchés. C’était une famille. Il va falloir rebondir », témoigne Patrick, qui a passé 28 ans comme ouvrier. Une page se tourne.