Crise agricole: Trois pistes pour préserver la région Paca

AGRICULTURE Ces pistes ont élaborées lors des Etats généraux de l'alimentation... 

Mathilde Ceilles

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Aubagne le 9 avril 2012 - Illustration sur l'agriculture , la secheresse et l'irrigation
Aubagne le 9 avril 2012 - Illustration sur l'agriculture , la secheresse et l'irrigation — P.MAGNIEN / 20 MINUTES
  • Près de 200 personnes ont participé aux Etats généraux de l'alimentation en Paca.
  • De ces ateliers sortent différentes pistes pour sauvegarder l'agriculture de la région.

Un nombre de suicides qui ne cesse d’augmenter, des prix à la baisse qui ne permettent pas à certains producteurs de subsister : depuis plusieurs mois, le secteur agricole français fait face à une importante crise, et la région Paca n’échappe pas au phénomène. Pour tenter de sauver la filière, le président de la République a lancé une grande concertation, baptisée Etats généraux de l'alimentation​.

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En Paca, pendant trois jours, 200 personnes, du consommateur à l’agriculteur en passant par la grande distribution, ont tenté d’esquisser des solutions pour préserver l’agriculture et l’industrie agroalimentaire provençales. Ces secteurs pèsent en effet lourd dans l’économie locale, avec 6,7 milliards de chiffre d’affaires et plus de 100.000 emplois, soit le deuxième employeur régional. 

Structurer les filières. « Quand on est seul face à un gros acheteur, on se fait laminer, quand on est 1.000, on peut faire asseoir et on peut négocier ». Le constat de Thierry Queffelec est clair. Selon le secrétaire général pour les affaires régionales auprès du préfet de la région Paca, dans le contexte agricole actuel, les producteurs ont tout intérêt à s’allier, citant l’exemple de la filière pêche locale. A ses yeux, cette filière a réussi à passer l’été 2017 sans trop de difficultés malgré un contexte de forte concurrence et de conditions météorologiques défavorables, contrairement aux producteurs d’abricot, soumis aux mêmes contraintes. En cause ? Un seul acteur met 70 % de la production régionale de pêches en vente, contre une multiplicité d’acteurs dans le secteur de l’abricot.

La délicate question de l’eau. Le phénomène est encore plus prégnant cette année : en région Paca, le manque d’eau fragilise grandement les agriculteurs et leur travail. Et le changement climatique n’arrange pas les choses. « Il y a une nécessité de prendre en compte la problématique de la sécheresse, tous les territoires sont touchés », note Eliane Bareille, vice-présidente de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, déléguée à la ruralité et au pastoralisme. Dans une région où les gouttes de pluie se font de plus en plus rares, la question de l’irrigation dite durable est l’une des pistes évoquées lors de ces états généraux. Dans un souci d’économie, les agriculteurs pourraient ainsi puiser dans des ressources en eau non déficitaires, comme le Rhône, pour substituer aux ressources qui se tarissent peu à peu.

Préserver les terres… « 8.700 hectares de fonciers ont été perdus en dix ans en région Paca », affirme Eliane Bareille. On n’y pense pas forcément, mais pour ne pas fragiliser l’agriculture locale, encore faut-il ne pas toucher aux terres des agriculteurs… Au cours des ateliers, les participants ont ainsi suggéré de « promouvoir auprès des acteurs des territoires » une politique foncière aidant à consolider les exploitations en place voire à l’installation de nouveaux agriculteurs via la remise en culture de terres en friche.