La fermeture d’agences bancaires en France, un mouvement généralisé

BANQUE Leur nombre ne cesse de diminuer…

Nicolas Raffin

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Le logo de la Société Générale sur une agence bancaire en France
Le logo de la Société Générale sur une agence bancaire en France — Pascal Guyot AFP
  • La France est passée sous la barre des 38.000 agences.
  • La multiplication des démarches sur internet a conduit à une baisse de la fréquentation.
  • L’avenir des agences pourrait passer par une formation globale des agents.

Une de plus. La Société Générale a annoncé mardi sa nouvelle stratégie pour dégager des économies. Parmi les mesures prévues :  la fermeture de 300 agences d’ici 2020. La politique du groupe piloté par Frédéric Oudéa rejoint ainsi celle de plusieurs autres banques.

En mars dernier, Le Monde affirmait que BNP Paribas  allait fermer 200 agences dans les trois prochaines années. Même chose pour le groupe BPCE (Banques populaires – Caisses d’épargne) qui fermera 400 établissements d’ici 2020. Quant aux agences LCL, 250 à 280 d’entre elles devraient baisser leur rideau sur la même période.

Une fréquentation en chute libre

Au final, selon la Fédération bancaire française (FBF), la France comptait 37.261 agences en 2016, contre 38.727 en 2010, ce qui représente 1.466 établissements de moins sur la période. A quoi est dû ce mouvement généralisé ? Principalement à la « numérisation » de la banque et au développement des services sur Internet, évitant aux clients de devoir se déplacer pour réaliser une opération.

Selon l’Observatoire de l’image des banques, 52 % des Français fréquentaient leur banque plusieurs fois par mois en 2010. Six ans plus tard, cette proportion n’est plus que de 20 %. Une désaffection particulièrement marquée chez les clients les plus jeunes (18-34 ans) : seulement 13 % d’entre eux poussent régulièrement la porte de leur banque.

« Les agences ont encore un avenir »

Parallèlement à cette baisse de la fréquentation, les établissements bancaires voient aussi leur rentabilité écornée, notamment en raison des taux bas, du plafonnement de certains frais bancaires, et de la concurrence des banques en ligne qui offrent souvent des tarifs très agressifs. De quoi condamner les groupes bancaires à devenir uniquement virtuels ?

« Les agences ont encore un avenir » veut croire Régis Dos Santos, président du SNB, premier syndicat du secteur bancaire (affilié à la CFE-CGC). Selon lui, les établissements du futur seront des endroits « où les clients viendront pour avoir une plus-value, un vrai conseil. Cela suppose de transformer des agents généralistes en experts sur le crédit, l’épargne salariale, etc. » Un plan de formation qui nécessitera de lourds investissements.