Le monopole fait recette dans les hypers

Angeline Benoit

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Infographie: Les hypermarchés sans concurrence au niveau local.
Infographie: Les hypermarchés sans concurrence au niveau local. — Idé

Un bénéfice au beau fixe et une inflation de 4% en magasin. C'est ce qu'a annoncé hier Carrefour, alors que les doutes s'accumulent sur la concurrence que se livrent les grandes surfaces. Des études publiées cette semaine montrent la puissance de certaines enseignes au niveau local. Un constat édifiant en plein débat sur les prix, déclenché par une étude de 60 millions de consommateurs sur la dérive des étiquettes des produits de base, comme le lait, les oeufs ou les pâtes.

· La concurrence est-elle réelle? Au contraire, elle est inexistante sur 57% des marchés locaux, où un acteur accapare en moyenne 40% des ventes, selon la société de géomarketing Asterop. La présence de plusieurs concurrents comparables n'est observée que dans 13% des cas. Une situation qui profite surtout au groupe Carrefour, qui concentre ainsi 41% des achats effectués en France, loin devant Leclerc (11%) et Système U (3%).

· Quels effets sur les prix? Le magazine spécialisé LSA relève de grandes disparités dans les prix selon les villes, des écarts qu'il explique notamment par le nombre de grandes surfaces, et la catégorie des enseignes. «On constate un paysage de la distribution très concentré en France. Mais les enseignes n'ont pas forcément conscience de leur position, et adoptent des stratégies différentes. Il faut poser la question de l'intérêt de la situation pour le consommateur sans mettre tout le monde dans le même sac», relativise Asterop.