Commission européenne: Bruxelles épingle le premier budget de Macron

BONNET D'ANE En raison de ses largesses budgétaires, Paris reste avec Madrid le seul pays de la zone euro sous le coup d’une « procédure pour déficit excessif », qui peut aboutir à des sanctions et des amendes…

20 Minutes avec AFP

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Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne
Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne — JULIEN WARNAND / POOL / AFP

Bruxelles met en garde Emmanuel Macron. La prévision budgétaire 2018 de la France présente selon  la Commission européenne un « risque de non-conformité » avec les règles européennes, que le président avait pourtant promis de respecter.

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La France fait partie, avec l’Italie, la Belgique, le Portugal, l’Autriche et la Slovénie, des six pays épinglés par la Commission européenne, qui publie chaque année à la même époque une évaluation des budgets européens dans le cadre du « semestre européen ».

Bonnet d’âne européen

Bruxelles remarque « un écart important » entre le budget qui lui a été présenté par Paris et « la trajectoire d’ajustement requise » pour atteindre son objectif d’assainissement des finances publiques. Elle souligne aussi que le niveau de la dette française -- 96,9 % du PIB en 2018 -- dépasse de loin le seuil des 60 % prévu dans les traités.

Ce bonnet d’âne européen est susceptible de mettre à mal la crédibilité de la France vis-à-vis de ses partenaires européens, à l’heure où Emmanuel Macron les invite à réformer l’Europe en profondeur, en particulier la zone euro. « La marge de sécurité est faible. Il faut tenir les objectifs », a martelé le commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici, lors d’une discussion avec des journalistes.

« On va rassurer »

En raison de ses largesses budgétaires, la France reste avec l’Espagne le seul pays de la zone euro encore sous le coup d’une « procédure pour déficit excessif », qui peut aboutir à des sanctions et des amendes -- même si cela ne s’est encore jamais produit.

Pour en sortir, elle doit présenter deux années de suite un déficit public inférieur à 3 % du Produit intérieur brut (PIB). Pour l’instant, la Commission anticipe un déficit à 2,9 % à la fois en 2017 et en 2018. Bien qu'« un risque » demeure sur ces chiffres, Bruxelles anticipe dans son analyse de mercredi que la France sortira de cette procédure au printemps prochain, ce qui la contraint dès lors à respecter en 2018 des objectifs bien plus poussés que cette seule règle des 3 %.

Bruxelles a fixé cette réduction à 0,1 point de PIB. Or, selon ses calculs, ce déficit structurel, loin de se réduire, devrait s’accroître de 0,4 point de PIB, soit un écart significatif de 0,5 point. « On va rassurer » Bruxelles, a ensuite insisté le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner, à l’issue du conseil des ministres à Paris. La prochaine évaluation budgétaire de la Commission est prévue au printemps prochain.