VIDEO. Boosté par l'électrique (et les Vélib'), le principal fabricant français de vélos retrouve des couleurs

ECONOMIE Rachetée par Intersport il y a quatre ans, l'usine MFC renoue avec le succès...

Frédéric Brenon

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Au sein de l'usine MFC basée à Machecoul (Loire-Atlantique).
Au sein de l'usine MFC basée à Machecoul (Loire-Atlantique). — JS Evrard/AFP
  • Placée en redressement judiciaire, l'ex-usine Micmo-Gitane était au bord de la disparition fin 2012.
  • Sa production de vélos a doublé depuis quatre ans, tandis que 160 personnes ont été recrutées.
  • La MFC a décroché récemment la commande des Vélib' parisiens.

Ça ressemble à une belle histoire. Qui a failli ne jamais commencer. Octobre 2012 : l’historique usine Cycleurope (ex Micmo-Gitane) de Machecoul (Loire-Atlantique) est placée en redressement judiciaire après une érosion des ventes. Cinq mois plus tard, le premier fabricant français de vélos –celui-là même qui a équipé les plus grands champions du XXe siècle (Bernard Hinault, Laurent Fignon, Jacques Anquetil…)– est finalement repris in extremis par le groupe Intersport. Près de 80 postes sont supprimés mais l’usine est sauvée. Rebaptisée la Manufacture française du cycle, elle repart avec 200 emplois et l’ambition de démontrer que le «  made in France peut fonctionner » malgré la forte concurrence asiatique.

Un pari payant. Car depuis quatre ans, le site a plus que doublé sa production, passant de 130.000 à près de 400.000 vélos livrés par an. « On visait 450.000 unités d’ici à 2020, donc on est légèrement en avance, se réjouit Yves Salaün, directeur général de la MFC. On a embauché 160 personnes depuis la reprise. Le marché du vélo est porteur donc on pense qu’il y aura d’autres recrutements. »

Le carton des vélos électriques

La majorité des bicyclettes produites à Machecoul sont vendues au sein du réseau Intersport sous la marque Nakamura. La MFC fournit aussi, comme avant, la grande distribution (Auchan, Carrefour, Super U…) et quelques enseignes spécialisées (Go Sport). Elle écoule également de plus en plus de VTT haut de gamme (marque Sunn) auprès des magasins de cycles.

Yves Salaün, directeur de la MFC, basée à Machecoul (Loire-Atlantique).
Yves Salaün, directeur de la MFC, basée à Machecoul (Loire-Atlantique). - JS Evrard/AFP

Mais ce qui cartonne le plus, ce sont les vélos à assistance électrique. « L’électrique explose plus vite qu’on ne l’imaginait, confie Yves Salaün. Il y a un potentiel de développement important. Ce n’est pas un effet de mode. Une fois que les gens y ont goûté, ils y restent. Pour nous, c’est particulièrement intéressant car ce sont des modèles à forte valeur ajoutée, qui demandent de la maintenance et de l’après-vente. »

Les Velib', une commande prestigieuse

Autre bonne surprise pour l’usine : les vélos publics urbains en libre-service. La MFC vient ainsi de décrocher la commande des nouveaux Vélib' parisiens. Quelque 17.500 vélos mécaniques vert et gris doivent être mis en service à partir du 1er janvier 2018. La livraison s’effectuera de novembre à avril à raison de 1.500 unités par semaine. « C’est un beau contrat stratégique. Il nous apporte de la notoriété et une expérience pour répondre, demain, à d’autres appels d’offres. »

Pour faire face à la commande parisienne, une chaîne de montage spécifique a été créée, occupant 40 personnes. « Elle pourra être réutilisée pour d’autres villes si nécessaire. Smovengo [le nouveau gestionnaire des Vélib' après JCDecaux] a fait le choix du made in France et c’est une bonne nouvelle. Quand des collectivités font confiance à la fabrication française, elles génèrent des emplois locaux. »

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Le nouveau Velib' parisien sera vert.
Le nouveau Velib' parisien sera vert. - E.FEFERBERG / AFP

Précision de taille : La MFC ne fabrique pas ses vélos de A à Z. Des pièces maîtresses comme les cadres, les dérailleurs ou les câbles viennent d’Asie pour être assemblés en Loire-Atlantique. « On achète tout ce qui est possible en Europe », insiste toutefois le directeur. Des étapes clés comme la peinture ont également été réintégrées.