Malgré une production de canards en chute libre, la filière foie gras vise un rebond à Noël

GRIPPE AVIAIRE La filière foie gras panse ses plaies alors que la production de palmipèdes a fortement diminué après deux années de crises liées à la grippe aviaire…

N.S. avec AFP
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Des canards destinés à la production de foie gras dans une ferme de Saint-Rome-de-Tarn, en Aveyron, le 21 janvier 2016.
Des canards destinés à la production de foie gras dans une ferme de Saint-Rome-de-Tarn, en Aveyron, le 21 janvier 2016. — V. Damourette / Sipa
  • La production de canards a chuté de 20 % par rapport à 2016, et de 40 % par rapport à 2015.
  • La filière attend toujours la totalité des indemnisations.

Promis, « il y aura du foie gras sur les tables » à Noël, car les 2.200 élevages spécialisés ont été contrôlés et étaient vierges de tout virus. C’est Marie-Pierre Pé, directrice générale du comité interprofessionnel des palmipèdes à foie gras (Cifog), qui le dit. Mais elle a aussi reconnu : « Il y aura un avant et un après influenza aviaire. » Des représentants du Cifog et de nombreux chefs cuisiniers étaient réunis mercredi au Quai d’Orsay. L’occasion de faire le point sur l’état d’une filière torpillée par deux épidémies successives de grippe aviaire.

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« Les Landes, le Gers et les Pyrénées-Atlantiques sont des départements sinistrés aujourd’hui », a affirmé Marie-Pierre Pé. Outre les canards, la volaille a aussi été touchée par la grippe aviaire et les abattages de masse décidés par le gouvernement pour tenter de l’endiguer.

4,5 millions de canards abattus

En 2017, suite au virus H5N8 de l’hiver 2016-17 et H5N1 en 2015-16, « la production va tomber à seulement 23 millions de canards », a-t-elle prévu, soit une baisse de 20 % par rapport à 2016 (29 millions), et une chute de 40 % par rapport à 2015 (près de 38 millions). Au total, quelque 4,5 millions de canards ont été abattus l’an dernier au cours d’une gigantesque opération destinée à freiner la propagation du virus.

Mais promis donc, il y aura du foie gras à Noël. Une inquiétude persiste pourtant, puisque les élevages du Sud-Ouest sont en plein air, et que le virus est transmis au départ par la faune sauvage, dont la saison de migration va bientôt débuter.

Seulement 50 % des aides pour la crise de l’hiver dernier sont arrivées

« Les entreprises ont financé des équipements pour laver et désinfecter les cages de transport, a indiqué la directrice générale du Cifog. Par ailleurs, nous allons anticiper les contrôles systématiques de canards à chaque transport. »

Reste le sujet épineux des indemnisations des éleveurs. L’Etat a terminé en septembre de verser les fonds liés au premier épisode de grippe aviaire en 2015-16. Mais seulement 50 % des aides pour la crise de l’hiver dernier sont arrivées, 20 % devant être versées en novembre et le reste l’an prochain.