Adieu kérosène, bonjour huile de coco

AVIATION Virgin Atlantic a relié Londres à Amsterdam par les airs grâce à un nouveau biocarburant…

Avec agence

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L'Américain Steve Fossett a battu samedi le record du monde de distance aérienne en solitaire et sans escale en dépassant l'aéroport de Shannon, dans le sud-ouest de l'Irlande, à bord de son avion Virgin Atlantic/Global Flyer, a annoncé son équipe au sol.
L'Américain Steve Fossett a battu samedi le record du monde de distance aérienne en solitaire et sans escale en dépassant l'aéroport de Shannon, dans le sud-ouest de l'Irlande, à bord de son avion Virgin Atlantic/Global Flyer, a annoncé son équipe au sol. — AFP/Pool/Archives

Les avions sont souvent pointés du doigt pour la pollution qu'ils dégagent. Un argument que n'hésite pas à mettre en avant les compagnies ferroviaires pour faire préférer le rail aux voyageurs. C'est donc un contre-feu que souhaite allumer la compagnie aérienne Virgin Atlantic qui a procédé avec succès dimanche à un premier vol commercial utilisant du biocarburant entre Londres et Amsterdam.
 
Un Boeing 747 sans passagers, alimenté par 20% d'un biocarburant issu d'un mélange d'huile de noix de babassu et de noix de coco, associé à du kérosène traditionnel, a quitté Londres vers 12h heures locales (13h heure française) pour se poser une heure et demie plus tard dans la capitale néerlandaise.
 
Selon le président de Virgin, Richard Branson, cette journée «marque une date historique pour les biocarburants et l’ensemble de l’industrie aéronautique». Elle montre «qu’il est possible de remplacer le carburant traditionnel et de faire voler un avion à l’aide de biocarburant», a-t-il déclaré. «Ce vol pionnier permettra à ceux d’entre nous qui souhaitent réellement réduire les émissions de CO2 de poursuivre le développement des carburants du futur».
 
Un impact écologique ou marketing?
 
Des mouvements écologistes ont cependant immédiatement dénoncé un «coup publicitaire», contestant l'impact des biocarburants sur l'environnement et affirmant que le plus urgent était de freiner l'expansion de l'industrie aéronautique. Pour certains scientifiques, la destruction d'écosystèmes naturels en faveur de cultures destinées à produire des biocarburants génère plus de dioxyde de carbone (CO2), le principal gaz à effet de serre, que ceux-ci ne permettent d'en économiser.
 
Les émissions de gaz à effet de serre du secteur aérien représentent actuellement environ 2% des émissions globales, mais cette part doit passer à 3% en 2050, année où les avions vont être à l'origine de 5% du réchauffement climatique global. Virgin Atlantic propose depuis novembre à ses passagers, en même temps que la vente de produits duty-free, de compenser financièrement les émissions de CO2 de leur trajet.