Plan social chez Nokia: L'entreprise a-t-elle tenu ses promesses d'emplois?

TRAVAIL Les dirigeants doivent présenter leurs objectifs de recrutement début octobre…

Nicolas Raffin

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Le site de Nokia à Nozay, près de Paris.
Le site de Nokia à Nozay, près de Paris. — THOMAS SAMSON / AFP
  • Nokia veut supprimer 597 postes en France d’ici 2019.
  • Les syndicats accusent le groupe de ne pas respecter ses promesses.
  • Bercy a demandé au groupe une feuille de route pour les recrutements.

Après l’usine GM & S en Creuse, un nouveau dossier social vient d’atterrir sur le bureau d’Emmanuel Macron. Le groupe de télécoms Nokia prévoit en effet de supprimer 597 emplois en France dans les deux prochaines années. Une réunion entre les dirigeants de Nokia France et Benjamin Griveaux, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Economie, s’est tenue ce mardi à Bercy. Pour comprendre pourquoi le sujet est si brûlant pour l’exécutif, il faut remonter en 2015.

A l’époque, le ministre de l’Economie, un certain… Emmanuel Macron, se félicitait du rachat d’Alcatel-Lucent, groupe français, par le finlandais Nokia. Dans ses déclarations, il expliquait alors qu’il « n’y aura aucune destruction d’emplois en France », ajoutant : « Le nombre d’emplois sera le même et même davantage ». Le groupe s’était en effet engagé à préserver les emplois pendant deux ans.

Bataille de chiffres

Ces déclarations n’ont pas manqué d’être reprises par les syndicats ces dernières semaines, pour souligner que Nokia n’avait pas tenu ses promesses de l’époque. « L’engagement, c’était de rester à 4.200 salariés, rappelle Pascal Guihéneuf, représentant CFDT. Aujourd’hui, on est plutôt autour de 3.900 personnes ». La faute, selon lui, à un plan de départs volontaires lancé en 2016 : depuis, les effectifs n’auraient pas été suffisamment compensés.

Les représentants des salariés réclament donc le respect de la parole donnée. D’après eux, s’il veut tenir la promesse faite au moment du rachat d’Alcatel, Nokia devra procéder à environ 300 embauches - majoritairement en recherche et développement - d’ici fin 2017.

>> Lire aussi: Les arguments du gouvernement sur la fusion Nokia-Alcatel Lucent tiennent-ils la route?

Le groupe finlandais leur a répondu via un communiqué publié mardi. Il affirme qu’il respectera ses engagements, indiquant qu'« à ce jour, plus de 190 ingénieurs ont déjà été recrutés » en France, sur un total de 500 embauches prévues d’ici 2019.

« C’est du dumping social »

Au-delà de cette querelle de chiffres, les syndicats entendent aussi se battre pour limiter le nombre d’emplois touchés par le plan social (officiellement plan de sauvegarde de l’emploi, PSE). Pour Claude Josserand, délégué CGT, « l’essentiel des emplois supprimés sera délocalisé en Hongrie, en Pologne, et en Roumanie ».

Pascal Guihéneuf renchérit : « C’est du dumping social ». Leurs arguments ont-ils été entendus ? A l’issue de la réunion de ce mardi entre Benjamin Griveaux et les dirigeants de Nokia France, le plan social a été suspendu jusqu’au 2 octobre, date d’une nouvelle réunion avec les syndicats. Pascal Guihéneuf espère que l’Etat ne les laissera pas tomber : « Sur ce dossier, la marge de manœuvre pour Emmanuel Macron n’est pas énorme, mais elle existe ».