Reprise de GM&S: Les salariés se font entendre avant la décision du tribunal

INDUSTRIE Ils réclament des engagements plus conséquents de la part de PSA et de Renault...

Nicolas Raffin
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Les salariés de GM&S manifestent le 5 septembre 2017 devant le site PSA de Poissy, dans les Yvelines.
Les salariés de GM&S manifestent le 5 septembre 2017 devant le site PSA de Poissy, dans les Yvelines. — CHRISTOPHE SAIDI/SIPA

Dernières heures d'attente pour les 277 salariés de GM&S. Jeudi, le tribunal de commerce de Poitiers se prononcera sur la seule offre de reprise cet équipementier automobile installé à La Souterraine, dans la Creuse. L'entreprise GMD s'est engagée à conserver 120 salariés, ce qui conduira au licenciement de 157 personnes. 

C'est beaucoup trop pour la CGT. Avec le soutien d'une centaine de salariés, le syndicat a multiplié les actions ces derniers jours en région parisienne. Les GM&S ont manifesté devant les usines de PSA et de Renault, les deux principaux clients de leur entreprise, notamment pour demander une amélioration des conditions de reclassement des ouvriers qui ne seront pas conservés.

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Commandes garanties

Vincent Labrousse, délégué syndical CGT, éprouve une certaine lassitude: « On a l'impression que l'Etat et les constructeurs ferment toutes les portes, explique-t-il à 20 Minutes. Cela fait 20 ans qu'on bosse pour PSA et pour Renault, il n'y a pas de raisons que nous soyons moins bien traités que leurs propres salariés ». 

Afin d’aider l’entreprise à redémarrer, les deux constructeurs automobiles se sont engagés à réaliser 22 millions d’euros de commandes par an (12 millions pour PSA, 10 millions pour Renault) au moins jusqu’en 2022. En outre, 15 millions d’euros doivent être investis pour moderniser le site. Enfin, GMD devrait racheter les murs de l’usine aux anciens propriétaires, afin d’éviter d’avoir à payer un loyer.

Offre insuffisante

Mais pour le comité d'entreprise de GM&S, l'offre de reprise « n'assure en aucune façon la perennité du site à long terme ». Le CE estime que les cinq ans de commande garanties ne sont qu'un « délai de survie ». 

C'est pour cela que les syndicats affirment qu'ils continueront le combat, même après le jugement de jeudi. « Rien n'empêche Alain Martineau [le repreneur] de reprendre des gens, tant que les licenciements ne sont pas prononcés » souligne Vincent Labrousse. Un mince espoir, tant GMD s'est montré inflexible sur le nombre de salariés qui seront repris.