Chiffres du chômage: Muriel Pénicaud renouvelle la communication

STATISTIQUES Elle rompt avec la «tradition» établie jusqu’alors…

Nicolas Raffin

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 Muriel Pénicaud lors des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, le 12 juillet 2017.
Muriel Pénicaud lors des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, le 12 juillet 2017. — VILLARD/SIPA
  • Le taux de chômage au sens du BIT sera désormais l’indicateur privilégié.
  • La ministre a prévu un rendez-vous par trimestre pour faire le point.

 

Fini la (lourde) tâche de commenter les chiffres mensuels du chômage compilés par Pôle emploi. A la place, la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a inauguré ce mardi les « rendez-vous de Grenelle » (le nom de la rue où se situe son ministère), une rencontre qui doit avoir lieu tous les trois mois pour faire le point sur la situation du marché du travail.

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Principal changement : les chiffres du chômage ne sont plus seuls, mais accompagnés d’une batterie d’indicateurs. Quarante en tout, regroupés dans un « cahier de graphiques ». Il y en a pour tous les goûts : création mensuelle d’entreprises, taux de chômage dans la zone euro, etc. « Je pense qu’il est important de regarder l’évolution du chômage, mais aussi l’évolution des créations d’emplois, l’évolution du salaire, la productivité, a expliqué Muriel Pénicaud. »

Pôle emploi vs Insee

Pour ses commentaires, la ministre se basera dorénavant sur les chiffres du chômage au sens du bureau international du travail (BIT), calculés par l’Insee. Cet indicateur possède l’avantage d’être un standard international, contrairement aux chiffres de Pôle emploi, et permet donc des comparaisons pays par pays.

Le taux de chômage au sens du BIT calculé par l'Insee de 2003 à 2017.
Le taux de chômage au sens du BIT calculé par l'Insee de 2003 à 2017. - Insee

Hasard des statistiques, il se trouve que le taux de chômage « BIT » a reculé au deuxième trimestre 2017, pour s’établir à 9,5 %, alors que dans le même temps, le nombre de personnes inscrites à Pôle emploi a augmenté (+ 43.000 demandeurs d’emplois en catégorie A). Une différence qui s’explique par le fait que Pôle emploi et l’Insee ne se basent pas sur les mêmes définitions pour leurs calculs.

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« Ombre au tableau »

Au regard de l’ensemble des indicateurs, Muriel Pénicaud s’est montrée plutôt optimiste quant à l’évolution du marché du travail d’ici fin 2017, et en a profité pour assurer le service après-vente des ordonnances. « Cette reprise nous oblige à faire les réformes » a-t-elle assuré, tout en affirmant rester « attentive » à la qualité de l’emploi : la proportion de personnes en CDD ou en intérim n’a en effet cessé de progresser depuis 2014.

Xavier Timbeau, directeur principal de l’OFCE, note néanmoins « une petite ombre au tableau ». « On anticipe mal l’impact que pourra avoir la réforme du Code du travail, et celui de la fin des emplois aidés, argumente-t-il. A court terme cela joue sur l’équilibre du marché du travail. » Pour en être sûr, rendez-vous… dans trois mois.