VIDEO. TGV: Ces lignes à grande vitesse qui pourraient ne jamais voir le jour

TRANSPORTS Les trains « du quotidien » sont la priorité du nouveau gouvernement…

N.R. avec AFP

— 

Emmanuel Macron à bord d'un TGV Paris-Rennes, le 1er juillet 2017.
Emmanuel Macron à bord d'un TGV Paris-Rennes, le 1er juillet 2017. — AFP
  • La France compte près de 2700 kilomètres de lignes à grande vitesse
  • Emmanuel Macron ne semble pas prêt à investir dans de nouveaux tracés 
  • L'avenir de plusieurs lignes est en suspens

Terminus pour les lignes à grande vitesse (LGV) ? Après les inaugurations ce week-end des trajets Paris-Rennes et Paris-Bordeaux en TGV, l’avenir des autres projets semble très incertain. Emmanuel Macron a en effet affiché ses nouvelles ambitions pour le ferroviaire, expliquant samedi que « la promesse que je veux qu’ensemble nous tenions pour les années à venir, c’est ceci : (…) ne pas relancer de grands projets nouveaux mais s’engager à financer le renouvellement des infrastructures. »

>> Lire aussi : Pour sa première, le TGV est arrivé à l'heure à Rennes

Le développement du TGV semble donc mis de côté. Une analyse corroborée par les récentes déclarations de Guillaume Pépy. Dans une interview au Monde, le patron de la SNCF explique très clairement que « même si c’est à l’Etat et aux collectivités de décider, notre souhait est que l’on arrête pour le moment le déploiement des lignes à grande vitesse. 2.500 kilomètres, c’est déjà une étape importante. La priorité aujourd’hui doit aller aux transports de la vie quotidienne ». Dans ce contexte, plusieurs projets de LGV pourraient donc rester dans les cartons.

Bordeaux-Toulouse. La semaine dernière, le tribunal administratif de Bordeaux a annulé la déclaration d’utilité publique (DUP) d’un tronçon de la future ligne, menaçant ainsi tout le projet. L’État a prévu de faire appel de la décision, même si la ministre des Transports Elisabeth Borne a prévenu samedi qu’une LGV représentait « une dépense colossale pour l’État, pour les collectivités, pour la SNCF ».

>> Lire aussi : Le président Macron n'a pas l'air fan du TGV à Toulouse

En l’occurrence, la nouvelle ligne Bordeaux-Toulouse coûterait environ 8,3 milliards d’euros. Et depuis la sortie du rapport de la Cour des comptes sur l’état des finances publiques, l’heure est plutôt aux économies. Nicolas Hulot ne s'en est pas caché: « A-t-on besoin d’aller toujours plus vite, plus loin ? » s’est interrogé le ministre de la Transition écologique, présent à Bordeaux pour l’inauguration du TGV.

Poitiers – Limoges. En avril 2016, le Conseil d’État avait annulé la DUP de la ligne, enterrant ainsi le projet de facto. Le rapport des magistrats pointait notamment un modèle de financement insuffisamment élaboré ainsi que le risque d’une faible rentabilité pour un chantier estimé à au moins 1,6 milliard d’euros.

Pourtant, les partisans de la ligne avaient eu un nouvel espoir en octobre 2016. En déplacement à Brive, François Hollande avait affirmé qu’il ne fallait pas « perdre l’idée de la LGV » tout en promettant la mise sur pied d’une « autorité pour remettre l’ensemble du sujet au clair et pour que nous puissions présenter une solution. ». Mais le 9 juin 2017, Emmanuel Macron était resté très mesuré lors d’un discours dans la Haute-Vienne. « Cela ne sert à rien d’aller promettre un TGV ou un aéroport de proximité qui ne se fera jamais » avait tempéré le nouveau chef de l’État.

Paris-Orléans-Clermont-Lyon (Pocl). Estimés à 12,9 milliards d’euros, les travaux ne semblent pas près de démarrer pour le TGV « Grand Centre Auvergne ». Les collectivités concernées par cette future LGV n’arrivent pas à se mettre d’accord sur le tracé de cette ligne conçue notamment pour désengorger l’axe Paris-Lyon.