VIDEO. Les LGV vers Bordeaux et Rennes (enfin) sur les rails et inaugurées en grande pompe

TRANSPORTS La SNCF espère attirer 4 millions de voyageurs supplémentaires sur ces lignes d'ici 2019...

M.P. avec AFP

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La LGV Sud Europe Atlantique est une ligne a grande vitesse française mesurant 302 km ainsi que 38 km de nouveaux raccordements. Sa mise en service est prévue le 2 juillet 2017.
La LGV Sud Europe Atlantique est une ligne a grande vitesse française mesurant 302 km ainsi que 38 km de nouveaux raccordements. Sa mise en service est prévue le 2 juillet 2017. — PATRICK LEVEQUE/SIPA

C’est la première fois que deux LGV sont inaugurées en même temps. Les deux nouvelles lignes TGV, qui relieront Paris à Bordeaux en 2h04 et à Rennes en 1h25 à partir de dimanche ont été inaugurées en grande pompe, ce samedi.

Ces liaisons étaient très attendues par les capitales bretonne et girondine et les gares se sont même refait une beauté pour accueillir les 4 millions de voyageurs supplémentaires que la SNCF espère attirer sur ces lignes d’ici 2019.

Mettre la priorité sur « les transports du quotidien »

Le train inaugural pour Bordeaux, le premier à partir en début de matinée de la gare de Paris-Montparnasse, est arrivé à destination avec à son bord le président de la SNCF, Guillaume Pepy, les ministres de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, et des Transports, Elisabeth Borne. Cette inauguration est « l’aboutissement de vingt ans d’efforts », a salué le maire de Bordeaux, Alain Juppé.

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Le président de la République, Emmanuel Macron, a emprunté quant à lui dans l’après-midi le TGV inaugural de la ligne Paris-Rennes, un voyage nécessitant une grosse organisation. Trois TGV se sont suivis : un train devait ouvrir la voie pour déjouer d’éventuels obstacles, le second devait transporter le président et le dernier fermer la voie. Tous les ponts et ouvrages d’art situés sur le trajet ont fait l’objet d’une surveillance par les forces de l’ordre.

Le président a annoncé qu’il entendait mettre la priorité sur « les transports du quotidien » plutôt que sur de nouveaux « grands projets » tels que la LGV. « Le combat que je souhaite engager pour les années à venir, ce sont les transports du quotidien », a-t-il ajouté, soulignant qu’il n’entendait pas « relancer de grands projets nouveaux mais financer le renouvellement des infrastructures ».

Pas de prolongement vers le sud ?

Seul hic à cette journée très spéciale pour la SNCF : lors de la première cérémonie d’inauguration, qui se tenait sur les bords de la Garonne à Bordeaux, les élus locaux se sont inquiétés pour le prolongement vers le sud de la LGV, qui mettrait Toulouse à 3 heures de Paris, contre 4h20 à partir du 2 juillet. « On a besoin que le TGV aille à Toulouse », a ainsi déclaré le président de la région Nouvelle-Aquitaine, Alain Rousset.

Le tribunal administratif de Bordeaux avait annulé ce jeudi une partie de la déclaration d’utilité publique, mettant en péril l’ensemble du projet. Elisabeth Borne a annoncé que l’Etat ferait appel, tout en réaffirmant la priorité aux trains du quotidien. « Il faudra hiérarchiser les priorités, il faudra aussi réfléchir à des modes de financement », a-t-elle indiqué à la presse en marge de l’inauguration.

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Le budget de Tours-Bordeaux s’élève à 7,8 milliards d’euros

Les TGV vont en Bretagne et en Aquitaine depuis près de vingt ans, mais la LGV pour Rennes s’arrêtait un peu avant Le Mans (Sarthe), celle pour Bordeaux prenait fin à Tours-Saint-Pierre-des-Corps (Indre-et-Loire) et les trains circulaient ensuite sur voie classique.

Grâce à un décroché à hauteur de Sablé-sur-Sarthe (Sarthe), des trains directs circuleront désormais entre Rennes, Laval, Angers et Nantes.

La ligne entre Le Mans et Rennes, construite en partenariat avec Eiffage, a coûté 2,8 milliards d’euros, plus 600 millions pour les aménagements complémentaires (travaux en gare, signalisation, etc...). Le budget de Tours-Bordeaux s’élève à 7,8 milliards d’euros, plus 1,2 milliard pour les aménagements, avec un montage inédit : un partenariat public-privé (PPP) avec une filiale du groupe Vinci pour la construction, mais aussi pendant 50 ans pour l’exploitation, une première.

SNCF Réseau court toujours après 350 millions d’euros

Concrètement, les opérateurs, pour y faire circuler leurs trains, paieront les péages non pas au gestionnaire d’infrastructure SNCF Réseau mais à Lisea, consortium mené par Vinci. La SNCF a déjà annoncé qu’il lui en coûtera 90 millions d’euros pour cette demi-année. Sur cet axe, les péages « vont doubler » et représenteront « 50 % du prix du billet », contre 37 % précédemment, a détaillé samedi sur France Inter Gwendoline Cazenave, la directrice de l’Axe Atlantique SNCF.

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Par ailleurs, pour cette ligne, le gestionnaire d’infrastructure SNCF Réseau court toujours après 350 millions d’euros. Parmi les 33 collectivités locales qui participent au financement, à hauteur de 1,3 milliard d’euros, certaines ont suspendu leurs versements.