Déficit public: Philippe dénonce un « dérapage » budgétaire légué par le gouvernement Hollande

DERAPAGE La Cour des comptes a estimé, ce jeudi, que le déficit public pourrait atteindre 3,2 % du produit intérieur brut en 2017…

V.V.

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Edouard Philippe, le Premier ministre, réagit au rapport de la Cour des comptes sur le déficit public.
Edouard Philippe, le Premier ministre, réagit au rapport de la Cour des comptes sur le déficit public. — GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP
  • Le déficit public pourrait atteindre 3,2 % du PIB, selon la Cour des comptes
  • L’audit a été établi sur les décisions prises lors du quinquennat de François Hollande
  • Edouard Philippe, le Premier ministre, a dénoncé un « dérapage » de 8 milliards d’euros

 

« C’est pas moi, c’est l’autre… » L’excuse est aussi célèbre dans les cours de récréation que dans les couloirs de Bercy. Le Premier ministre, Edouard Philippe, a dénoncé, ce jeudi, un « dérapage » budgétaire de 8 milliards d’euros légué par le précédent gouvernement et a annoncé de nouvelles économies pour faire face à cette situation « inacceptable ».

>> Les faits: Le déficit public pourrait atteindre 3,2 % du PIB

La réaction du Premier ministre fait suite au « rapport sur la situation et les perspectives des finances publiques » rendu, ce jeudi après-midi, par la Cour des comptes. Après avoir audité les comptes publics, la Cour a estimé que le déficit public pourrait atteindre, en 2017, 3,2 % du PIB. C’est plus que les 3 % fixés par Bruxelles. Ça l’est encore plus que les 2,8 % annoncés par Michel Sapin, l’ancien ministre de l’Economie, en avril.

Pas d’augmentations d’impôts

Vivement attaqués depuis la sortie du rapport de la Cour des comptes, Michel Sapin et Christian Eckert, l’ancien secrétaire d’État au Budget, se sont fendus d’un communiqué pour défendre leur bilan. « Le gouvernement [de François Hollande] a fait preuve d’un sérieux budgétaire sans précédent dans l’assainissement des comptes publics », assurent-ils, tout en rappelant que le déficit était « d’un niveau supérieur à 5 % en 2011 ».

Quel que soit le responsable, il va bien falloir régler l’ardoise désormais. Car après avoir dénoncé la situation, Edouard Philippe a maintenu son objectif de maintenir le déficit public sous la barre des 3 % dès cette année. Il n’y a pas 36 façons de le faire mais le gouvernement en a déjà exclu beaucoup. « Nous ne le ferons pas en augmentant les impôts, nous le ferons par des mesures d’économies », a prévenu le Premier ministre à l’issue de son premier déplacement officiel à l’étranger à Tallinn (Estonie).

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Reste à savoir si Emmanuel Macron acceptera de donner quelques coups de canifs dans le programme sur lequel il a été élu. Dans celui-ci, il promettait de maintenir les effectifs dans les secteurs de la Défense et de l’Education nationale, de recruter 10.000 policiers et gendarmes et d’investir dans la Justice, notamment dans la création de 15.000 places de prison.