Les égarements d'une grande banque française

A. B. - ©2008 20 minutes

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Silence nerveux chez les concurrents de la Société générale. « Vous ne verrez personne triompher. Cette horreur les guette tous », commentait hier un connaisseur sous couvert d'anonymat. Chaque jour, la version de la SG - muette depuis dimanche - étonne un peu plus.

· Le montant Les placements de Jérôme Kerviel étaient dix fois supérieurs à la normale. Sur 50 milliards d'euros, une simple erreur aurait été fatale.

· Les opérations « Le trader compensait du long terme par du court terme, où est la logique économique ? », s'interroge un expert. « Le risque ne pouvait être nul avec autant de produits », juge Alain Sueur, de l'université Paris-Dauphine. De plus, « d'un côté, les ordres étaient fermes, et de l'autre, tout était incertain et invérifiable ». Mais aucune alerte n'a abouti sur les milliards d'euros de faux ordres.

· Le motif Traité « d'escroc » par Bouton, le trader n'a pas été mis en examen pour ce motif. Selon le site Internet mediapart.fr, Kerviel aurait confié aux enquêteurs qu'au vu de ses gains, sa hiérarchie fermait « les yeux sur les modalités et les volumes engagés ».