Meubles de rangement, fauteuils... Emmaüs se réinvente avec le design

REPORTAGE L'association innove pour séduire de nouveaux publics...

Nicolas Raffin

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Les meubles "design" étaient en bonne place au salon Emmaüs qui avait lieu le dimanche 25 juin 2017.
Les meubles "design" étaient en bonne place au salon Emmaüs qui avait lieu le dimanche 25 juin 2017. — Nicolas Raffin /20 Minutes
  • Le salon Emmaüs avait lieu dimanche à Paris 
  • 25 000 visiteurs étaient attendus sur la journée
  • Les meubles créés à partir d'anciens matériaux ont la cote 

Emmaüs va-t-elle devenir un haut lieu du design ? La question mérite d’être posée alors que le 18e salon de l’organisation fondée par l’Abbé Pierre se tenait ce dimanche porte de Versailles à Paris. Outre les stands « traditionnels » (friperie, bibelots, meubles anciens), les ateliers de création de l’association étaient particulièrement mis en avant cette année.

Parmi les objets proposés : des tables basses, des repose-pieds, des meubles de salon… tous fabriqués à partir d’anciens meubles. « Les mobiliers sont réalisés par des personnes en formation » explique Guillaume Poignon, chargé du projet à l’Atelier Emmaüs, basé dans la région lyonnaise.

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« Un juste prix pour du travail d’artisan »

Cette créativité a un coût : certains meubles dépassent les 50, voire les 100 euros. Un prix qui peut sembler élevé pour un salon Emmaüs, mais qui ne choque pas forcément les visiteurs. « Il y a des personnes relativement aisées qui viennent ici, affirme Geneviève. Ils peuvent se permettre de dépenser une telle somme ».

Un fauteuil créé à partir de tiroirs d'un ancien meuble.
Un fauteuil créé à partir de tiroirs d'un ancien meuble. - Nicolas Raffin /20 Minutes

Pour Guillaume Poignon, le prix affiché est le plus bas possible. « On ne fait pas de bénéfices, argumente-t-il. L’argent nous sert pour le matériel et pour financer les formations. Lorsque les gens nous posent des questions, on leur explique que c’est un juste prix pour du travail d’artisan ».

Des lattes réutilisées 

Juste à côté, le stand de Pierre Chanson attire aussi les curieux. Depuis le début de l’année, ce salarié d’Emmaüs Défi à Paris a constitué une petite équipe avec des personnes en insertion. Ensemble, ils donnent une seconde vie aux lattes des sommiers : « Près de 8 fois sur 10, les sommiers sont inutilisables lorsqu’on les récupère, assure Pierre. On se retrouve avec des quantités importantes de lattes qu’on utilise pour faire de nouveaux meubles » (voir photo ci-dessous).

Une caisse de rangement fabriquée à partir de lattes de sommier.
Une caisse de rangement fabriquée à partir de lattes de sommier. - Nicolas Raffin / 20 Minutes

Tout ce travail rend Laurent admiratif. « Je suis vraiment fasciné par ce qu’ils font, s’émerveille ce collectionneur amateur parisien. Leur travail valorise l’imagination, on peut appeler ça de l’art ! » De quoi donner du baume au cœur aux 18 000 personnes engagées pour Emmaüs en France.