Le trader ne se laisse pas couler

Angeline Benoit - ©2008 20 minutes

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C'est une autre version des faits que le trader de la Société générale (SG) a livrée à la justice hier. Tandis que la troisième banque française hurle à la fraude du siècle, le jeune courtier de 31 ans n'a été mis en examen hier soir que pour « abus de confiance », « faux et usage de faux » et « introduction dans un système de traitement automatisé de données informatiques ».

Accusé d'une spéculation non autorisée ayant conduit à la perte record de 4,9 milliards d'euros, Jérôme Kerviel reconnaît avoir dissimulé des opérations « aventureuses » particulièrement importantes. Mais il affirme qu'il n'était pas le seul courtier à s'y adonner. Convaincu de bénéficier d'« une certaine tolérance », il n'a « pas agi à son profit direct et personnel », mais voulait apparaître « comme un trader d'exception ». Rien que sur la base des gains réalisés pour son employeur en 2007, il espérait une prime de 300 000 euros.

Les juges d'instruction ont écarté les soupçons de « tentative d'escroquerie ». Echappant à la détention provisoire, le trader est interdit de sortie du territoire et de communication avec la SG. Une décision dont le parquet a fait appel.