La presse internationale s'emballe autour du «génie de la fraude»

REVUE DE PRESSE Ce vendredi, une question revenait à la une des grands journaux internationaux: Comment un homme seul a-t-il pu faire perdre 5 milliards d’euros à une banque française … et même, peut-être, influencer la Fed?

Ch. L avec agences

— 

Les énormes volumes de ventes de la Société Générale au début de la semaine ont en fait préparé le terrain pour la baisse des taux de la Fed, selon les medias américains vendredi, un analyste suggérant même que la Réserve fédérale américaine aurait été "trompée".
Les énormes volumes de ventes de la Société Générale au début de la semaine ont en fait préparé le terrain pour la baisse des taux de la Fed, selon les medias américains vendredi, un analyste suggérant même que la Réserve fédérale américaine aurait été "trompée". — Jean-Pierre Muller AFP/Archives

Sa photo s’étale en première page du «Guardian» et du «Herald Tribune». Jérôme Kerviel, le «génie de la fraude» («the Guardian») ou «courtier ripou» (Le «Telegraph») est au centre de toutes les interrogations de la presse britannique. «Comment ne l’ont-ils pas attrapé?» demande le «Herald Tribune», tandis que le «Guardian» tente de décrypter, mois après mois, l’incroyable histoire d’une gigantesque fraude.

«Aucune excuse n'existe», tranche pour sa part «The Independent», qui voit dans le scandale «le symbole de l'effondrement des normes bancaires traditionnelles». Car chacun est forcé de voir dans «l’affaire Soc Gen» une remise en question globale du système financier mondial. «Le magazine "Risk" de ce mois-ci a élu la Société générale meilleur établissement pour les dérivés actions, en faisant l’éloge de son habilité à gérer les risques sur des marchés turbulents,» rappelle ainsi le «Herald Tribune».

«La Fed a-t-elle été piégée?»


A Londres comme outre-Atlantique, on s’interroge même sur l’influence de l’affaire sur la crise récente des bourses mondiales. Selon le «Wall Street Journal», elle pourrait «avoir contribué à l’extrême volatilité qui a secoué les marchés européens cette semaine». Le «Washington Post» va plus loin: «Certains analystes suggèrent que les volumes élevés de ventes par la Société générale lundi, qui liquidait secrètement les positions prises par son courtier Jérôme Kerviel, ont contribué à la chute globale des marchés actions qui a conduit la Fed a réagir mardi» par une baisse d'urgence de ses taux d'intérêt, écrit le quotidien vendredi.
«La Fed a-t-elle été piégée?» interroge un blog publié par le «Wall Street Journal», estimant que la Fed est «tombée dans le panneau». Le «Wall Street Journal», plus prudent, estime quant à lui que les opérations de la Société générale, si elles n’ont peut-être pas provoqué les remous sur les marchés de lundi et mardi, « y ont certainement contribué».