Réforme du Code du travail: Le grand oral de rattrapage du gouvernement laisse les syndicats sceptiques

POLITIQUE Edouard Philippe a promis de laisser toute sa place à la négociation...

Nicolas Raffin
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La ministre du Travail Muriel Pénicaud et le Premier ministre Edouard Philippe à Matignon le 31 mai 2017.
La ministre du Travail Muriel Pénicaud et le Premier ministre Edouard Philippe à Matignon le 31 mai 2017. — Jacques Witt/SIPA
  • La fuite d’un « avant-projet de loi » sur la réforme du code du travail a poussé le gouvernement à réagir
  • Le Premier ministre réaffirme que la discussion avec les organisations syndicales et patronales reste essentielle
  • Les syndicats sont loin d’être totalement convaincus

A moins d’une semaine des législatives, le gouvernement joue la carte de l’apaisement sur la réforme du code du travail. Après les révélations du Parisien ce lundi sur un avant-projet d’ordonnances, qui prévoyait notamment de laisser les entreprises libres de définir les règles du contrat de travail, Matignon a réagi.

D’abord en affirmant le même jour que le document qui a fuité « n’éman [ait] pas du gouvernement », puisqu’il a été écrit le 12 mai, avant l’investiture officielle d’Emmanuel Macron. Puis, en organisant une conférence de presse ce mardi avec le Premier ministre Edouard Philippe pour présenter le projet « officiel », conjointement avec la ministre du Travail, Muriel Pénicaud.

Mystère sur les lignes rouges

Sur la forme, les deux membres du gouvernement ont de nouveau réaffirmé leur volonté de dialogue. « Les organisations patronales et les syndicats seront des partenaires écoutés et respectés. Je crois à la négociation et à la discussion », a martelé Edouard Philippe, soulignant que la feuille de route dévoilée était « le début d’un processus ».

Une manière de dire que tout reste sur la table et que rien n’est gravé dans le marbre. Mais y a-t-il des lignes rouges, des points sur lesquels le gouvernement ne reculera pas ? A cette question, Edouard Philippe fait une réponse plutôt évasive : « On ne commence pas une discussion en indiquant où elle doit s’achever ».

« Quelle est la réalité de la consultation ? »

La communication du gouvernement a été diversement perçue par les syndicats. Dans un communiqué, la CFDT préfère voir le verre à moitié plein. Si elle émet des réserves sur un texte qu’elle estime « déséquilibré en termes de sécurisation des parcours des salariés », elle juge que le programme présenté représente « une opportunité pour les partenaires sociaux de faire des propositions tout au long de la phase de concertation ».

Du côté de la CGT, le discours est nettement plus tranché. « Quelle est la réalité de la consultation ? On s’interroge fortement », explique Fabrice Angéi, membre du bureau du syndicat, qui invite dès à présent les salariés à « peser fortement » sur les négociations. L’opération déminage du gouvernement ne semble avoir fonctionné que très partiellement.