Les bourses chinoises dans la tourmente

Christina Lionnet

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Un investisseur consulte la liste des valeurs cotées à la Bourse de Shanghai en août 2007
Un investisseur consulte la liste des valeurs cotées à la Bourse de Shanghai en août 2007 — Mark Ralston AFP

La bourse chinoise n’est pas épargnée par la tourmente qui agite les marchés financiers ces derniers jours. La bourse de Shanghai a clôturé à ce mardi 4 559, 75 points, en baisse de 7,22%, «la baisse en points de pourcentage la plus importante depuis sept mois et demi», selon l’agence officielle Xinhua. L’indice mixte de la bourse de Shenzhen a lui aussi clôturé en baisse.

Face à l’effondrement des marchés internationaux, un mouvement de panique était prévisible. «Ces dernières années, le boursicotage s’est beaucoup développé. Beaucoup de Chinois ont placé des sommes qui représentent toutes leurs économies», explique à 20minutes.fr le sinologue Jean-Luc Domenach. Les réactions de panique pourraient être assez importantes, d’autant plus que les gens ne sont pas formés», ajoute-t-il.

Un marché jeune et volatile

La bourse de Shanghai, ouverte en 1991, est cependant habituée à des variations de cours de type «montagnes russes».

«La bourse de Shanghai est un marché relativement immature et volatile. Elle a connu beaucoup de hauts et de bas, notamment en lien avec des problèmes de corruption et de manipulation des cours, car le cadre réglementaire est insuffisant», explique Laurent Beduneau-Wang, co-auteur de “La Chine:un colosse financier?”. Une variation de 5% n’est pas négligeable, mais elle est loin d’être aussi exceptionnelle qu’à Paris, par exemple. Et il y aune chose qu’il faut avoir en tête, c’est que la bourse ne joue qu’un rôle mineur dans l’économie chinoise. S’il y a une crise financière, je pense qu’elle viendra davantage des banques ou de la crise du dollar.»

Vers l’éclatement de la bulle ?

La cotation de l'action Bank of China, justement, a été suspendue ce mardi à la Bourse de Shanghai, après avoir perdu plus de 4% la veille. Selon les médias, la banque chinoise s'apprêterait à annoncer des pertes sur ses titres adossés à des «subprimes». Elle souffrirait alors la crise américaine, en subissant de lourdes dépréciations sur ses investissements aux Etats-Unis.

«Le ralentissement de l’économie américaine affecte beaucoup plus la Chine, très dépendante de ses exportations aux USA, analyse Marc Fiorentino, directeur d’Euroland Finance, société de services financiers pour les entrepreneurs. «L’économie réelle chinoise n’est pas à la hauteur de ce qu’on croit. Il y a eu un effet de surchauffe et on en train d’assister à l’effondrement de cette bulle. Il faut s’attendre à une récession en Chine, qui ne tiendra sans doute pas jusqu’aux Jeux olympiques», conclut-il.

11% de croissance prévus pour 2007

Certains économistes chinois ont toutefois tempéré l'impact d' une éventuelle récession mondiale sur le pays. «Une forte demande interne, notamment la croissance des investissements, devrait soutenir la croissance globale du PIB», a estimé Wang Tao de la Bank of America, cité par l'AFP.

Selon des analystes, la Chine devrait annoncer jeudi une croissance économique encore supérieure à 11% en 2007.