Niveau de vie, nombre de pauvres, diplômes,... Les 6 chiffres les plus effarants des inégalités en France

SOCIAL Selon le rapport annuel de l’Observatoire des inégalités paru ce mardi, la crise de 2008 a accru certains écarts…

Delphine Bancaud

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Illustration différence de richesses.
Illustration différence de richesses. — Pixabay/Geralt
  • L’écart mensuel de niveau de vie entre les plus aisés et les plus modestes s’est creusé entre 2004 et 2014
  • Le nombre de pauvres a augmenté de 950.000 entre 2004 et 2014
  • Seulement 16 % de la population française a un diplôme supérieur à bac + 2

« Je ne sais pas si en général, les inégalités augmentent ou pas. Il n’y a pas une réponse simple », a déclaré Louis Maurin, le directeur l’Observatoire des inégalités, qui présentait son rapport annuel ce mardi. Car si certaines inégalités régressent dans notre société, d’autres progressent. 20 Minutes se concentre sur les six points noirs du rapport.

  • 4.025 € par mois : c’est l’écart de niveau de vie mensuel entre les 10 % les plus aisés et les 10 % les plus modestes en 2014

L’écart mensuel moyen entre les plus aisés et les plus modestes s’est creusé entre 2004 et 2014, passant de 3.700 euros par mois en 2003 à 4.025 € par mois  en 2014. « Le niveau de vie des 10 % plus pauvres a en effet baissé en dix ans (moins 30 euros par mois) sous le poids de la crise, même si le modèle social français a permis d’atténuer les choses », souligne Louis Maurin, président de l’Observatoire des inégalités. A noter aussi que cet écart était de 4.400 euros en 2011. S’il s’est réduit en 2014, c’est en partie du aux hausses d’impôts qui ont touché les plus aisés. 

  • Les 10 % les plus fortunés détiennent 47 % du patrimoine

Le patrimoine des 10 % de ménages « les moins dotés », essentiellement constitué de comptes chèques et de livrets d’épargne, a chuté de 30,2 % entre 2010 et 2015 selon le rapport. 

  • 5 millions, c’est le nombre de pauvres en France

C’est-à-dire les personnes vivant avec moins de 50 % du revenu médian, soit moins de 848 euros par mois, prestations sociales incluses et impôts déduits. Et leur nombre a augmenté de 950.000 entre 2004 et 2014 sous l’effet de la crise de 2008. Mais, depuis 2012, le nombre de pauvres stagne. Fait marquant : 1,2 million d’enfants et d’adolescents de moins de 18 ans, soit un peu moins d’un sur dix sont pauvres. « Cependant le taux de pauvreté  en France se situe en dessous de celui constaté dans la moyenne des pays de l’OCDE. Mais le modèle social français joue son rôle », commente Anne Brunner.

  • 60 % des enfants d’ouvriers non qualifiés sortent du système scolaire sans diplôme, contre 9 % des enfants d’enseignants

Et seulement 16 % de la population française (hors personnes encore en études) a un diplôme supérieur à bac +2.​ « La catégorie socio-professionnelle des parents se retrouve dans le niveau scolaire final de leurs enfants. Ce qui prouve que l’école ne gomme pas les inégalités, même si elle ne les aggrave pas », souligne Anne Brunner, membre de l’Observatoire des inégalités. « Notre modèle éducatif est verrouillé, notamment parce qu’il fonctionne sur la compétition », commente Louis Maurin. Pour lutter contre cette fracture sociale, il faut une profonde « modernisation » de l’école, avec « beaucoup moins de notation » et plus d’encouragement des élèves, estime-t-il.

  • 30,5 % : c’est la part des ménages vivant dans un logement surpeuplé, parmi les 10 % les plus pauvres

Une proportion qui a augmenté de 6,2 points entre 2006 et 2013 selon le rapport. Les immigrés qui combinent bas revenus et familles plus nombreuses, sont particulièrement touchés par ce fléau : ils sont 26,1 % à vivre dans un logement surpeuplé, près de quatre fois plus que les ménages non immigrés.

  • À poste équivalent, les femmes gagnent 10,5 % de moins que les hommes

Une moyenne qui cache des écarts plus importants chez les cadres à hauts revenus (20 %) que chez les ouvriers (8,9 %). « Le rattrapage salarial des femmes par rapport aux hommes continue, mais de manière beaucoup trop lente. A ce rythme, on parviendra à l’égalité salariale en 2050 », commente Louis Maurin.