TGV: Le nouveau service présenté par la SNCF est-il vraiment « inOui »?

TRANSPORTS Pas d’annonces fracassantes, mais la promesse d’un service amélioré…

Nicolas Raffin

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Le nouveau TGV Oceane, le 7 décembre 2016 à Bordeaux
Le nouveau TGV Oceane, le 7 décembre 2016 à Bordeaux — SNCF
  • Après la fuite dans la presse de la semaine dernière et les réactions qui ont suivi, la SNCF a voulu défendre sa « nouvelle » offre InOui ce lundi Gare Montparnasse à Paris
  • L’entreprise promet une meilleure qualité de voyage grâce à la généralisation de plusieurs innovations
  • Ce changement de nom préfigure aussi l’ouverture à la concurrence

Tout ce week-end, les réseaux sociaux et les médias s’en sont donné à cœur joie. La révélation du changement de nom de l’offre « TGV » en « inOui » a déclenché un torrent de commentaires. Après cette « fuite » dans la presse qui a (officiellement) « irrité » le patron de la SNCF Guillaume Pepy, l’entreprise a contre-attaqué ce lundi.

>> Lire aussi : Les TGV vont bientôt être rebaptisés… pour s’appeler inOui

La conférence de presse organisée à la gare Montparnasse à Paris avait pour but de défendre la « nouvelle expérience de voyage » selon le langage maison, qui devrait se faire sans augmentation du prix des billets. Mais au-delà du discours marketing, en quoi consiste vraiment inOui ? 20 Minutes vous détaille cette « nouvelle » offre qui repose sur trois piliers.

Un train plus connecté

L’entreprise met l’accent sur le fait de pouvoir rester connecté tout au long du voyage. « D’ici à la fin de l’année, 80 % des voyageurs TGV auront accès au Wifi » promet Rachel Picard, directrice générale de Voyage SNCF. Près de 300 millions d’euros ont été investis pour le déploiement de cette technologie complexe.

Changement ou pas ? L’Internet à bord est une réalité depuis 2016 sur le Paris-Lyon. A la fin de l’année dernière, la SNCF avait même déjà annoncé l’extension du Wifi, qui sera donc disponible sur les grandes lignes… six ans après sa mise en place sur le Thalys. Mais comme l’expliquait Guillaume Pepy à l’époque, la technologie du Thalys « ne permet pas d’éviter les coupures lorsque le train passe sous un tunnel ». Ce que l’offre « inOui » devrait elle pouvoir faire.

Un train plus confortable 

L’offre « inOui » s’appuiera en partie sur les nouvelles rames « Océane » (55 seront mises en service d’ici 2020) qui ont été redessinées. Leur coût est estimé à 1,5 milliard d’euros.

Changement ou pas ? Ces nouvelles rames circulent déjà depuis décembre sur l’axe Paris-Bordeaux-Toulouse. Pour ceux qui empruntent cette ligne, le changement de nom ne changera donc rien au niveau du matériel. Pour les autres axes à grande vitesse (Paris-Strasbourg, Paris-Lille, etc.), les rames existantes seront « rénovées » a précisé Rachel Picard.

Des contrôleurs plus à l’écoute 

Fini le contrôle des billets à bord. Avec la généralisation de portiques de validation dans les grandes gares, les agents qui opèrent dans les trains à grande vitesse pourront « consacrer plus de temps à leurs clients » affirme la SNCF. « 5.000 personnes seront formées à la relation client pour être plus proactives, plus attentionnées » poursuit Rachel Picard.

Changement ou pas ? La satisfaction des clients est régulièrement mesurée par la SNCF. Il faudra donc attendre le déploiement progressif de l’offre inOui pour voir si la qualité de service à bord s’est améliorée. Sur Twitter, certains internautes se montrent sceptiques sur cette partie :

Au final, une révolution ou pas ?« Nous nous sommes contentés de nommer un nouveau service » a reconnu ce lundi Guillaume Pepy. Une phrase révélatrice, car l’offre inOui en elle-même ne contient pas d’innovations révolutionnaires par rapport à l’offre TGV actuelle : le but est bien de distinguer les services (InOui, OuiGo) du matériel (les « TGV »).

L’annonce regroupe donc des évolutions déjà entamées par l’entreprise pour préparer l’ouverture à la concurrence du transport ferroviaire. « On ne veut pas que nos concurrents disent qu’ils ont inventé un meilleur service » a asséné Guillaume Pepy. Sur ce point, les voyageurs pourront bientôt trancher.