Contrairement à ce que l'on croit, l'euro n'a pas fait flamber les prix, selon l'Insee

SOCIETE L'Institut évoque un décalage entre la perception des ménages et la réalité statistique...

20 Minutes avec agences

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La première série de billets d'euros a été lancée en janvier 2002.
La première série de billets d'euros a été lancée en janvier 2002. — JAUBERT/SIPA

Contrairement à ce que l’on croit, le passage à l’euro en 2002 n’aurait pas fait flamber les prix. Dans une note publiée ce mercredi, l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) assure en effet que la hausse des prix a été limitée en France depuis le passage à l’euro, de l’ordre de 1,4 % en moyenne par an.

Une inflation de « 10,1 % par an en moyenne »

De 2002 à 2016, l’inflation est restée « relativement modérée au regard du passé », souligne l’organisme public dans cette note, qui détaille par le menu l’évolution des prix pour plusieurs biens de consommation. Le rythme d’inflation atteint au cours des 15 dernières années (+1,4 %) est ainsi inférieur à celui des quinze années précédentes (+2,1 % entre 1986 et 2001), pourtant marquées par le contre-choc pétrolier et les baisses de TVA.

Il est, en outre, bien en dessous du chiffre moyen qu’a connu l’Hexagone entre l’après-guerre et le milieu des années 1980 : sur cette période, la France a dû faire face à une inflation de « 10,1 % par an en moyenne », rappelle l’Insee.

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Une baisse du pouvoir d’achat des Français ?

L’introduction de l’euro est régulièrement accusée, notamment par le Front national, d’avoir entraîné une forte hausse des prix, avec pour conséquence une baisse du pouvoir d’achat des Français et un ralentissement de la croissance.

Pour l’Insee, la divergence entre la mesure de l’inflation et la perception qu’en ont les ménages « s’explique en partie par le fait » que ces derniers « sont plus sensibles à l’évolution des produits achetés fréquemment, dont ils se souviennent plus facilement le dernier prix valorisé en francs ».

Et le prix de la baguette alors ?

« Ainsi pour la baguette, par exemple, ils auraient tendance à comparer son prix actuel (0,87 euro en moyenne) à son dernier prix de 2001, d’en moyenne un peu plus de 4,30 francs (0,66 euro) », précise l’institut statistique.

La hausse de 32 % sur le prix de la baguette depuis le passage à l’euro apparaît ainsi « forte » mais « elle correspond à une hausse annuelle moyenne de seulement 1,9 % par an », une évolution conforme, dixit l’Insee, à celle enregistrée avant le passage à l’euro,