Les six raisons pour lesquelles les Français sont les rois du camping

TOURISME Notre hôtellerie de plein air possède de nombreux atouts qui séduisent une clientèle française mais aussi étrangère...

Delphine Bancaud

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Le camping de Château Buisson
Le camping de Château Buisson — © Les Castels
  • La France compte 7.800 campings, d’où une offre très diversifiée.
  • Ces dernières années, les établissements ont su investir pour proposer d’autres hébergements que la tente et une multitude d’activités.
  • La clientèle étrangère a augmenté en 6 ans.

Encore un atout pour la championne du monde du tourisme : ses campings. La France peut en effet, se targuer des bons résultats du tourisme de plein air ces dernières années, comme le montre  une étude de l’Insee parue ce lundi. Selon celle-ci, la fréquentation des campings a progressé de 7,5 % entre 2010 et 2016. 20 Minutes analyse les six clés de leur succès.

1. Le bon maillage territorial de l’hôtellerie de plein air

Comme l’indiquel’étude de l’Insee, la France métropolitaine comptait en 2016, 7.800 campings qui proposaient 710.000 emplacements. « Ce qui fait de l’Hexagone le premier parc de campings en Europe et le deuxième dans le monde après les Etats-Unis », note Guy Raffour, PDG du cabinet d’étude spécialisé dans le tourisme, Raffour Interactif. Un atout de taille pour attirer les touristes étrangers, d’autant plus que l’on trouve aussi bien des campings sur le littoral, qu’en zone rurale, à la montagne ou à la périphérie des villes.

2. Les campings ont su se moderniser

« Le confort des campings s’est amélioré entre 2010 et 2016, notamment au travers du développement des emplacements équipés » [en mobil-home, bungalows, tentes meublées, yourtes, tipis, cabanes dans les arbres, roulottes…], note l’étude de l’Insee. Des investissements énormes ont eu lieu les dix dernières années en ce sens pour proposer une offre plus haut de gamme et plus conforme aux attentes des voyageurs.

« Ces hébergements permettent de capter des clients, même lorsque la météo n’est pas au rendez-vous », souligne Guy Raffour. « Et ils ont permis de séduire une nouvelle clientèle, notamment CSP +, qui avaient envie de tester le camping, sans pour autant investir dans une tente », ajoute Guylhem Féraud, président de la Fédération nationale de l’hôtellerie de plein air (FNHPA). « Par ailleurs, les campings ont fait de gros efforts en termes d’architecture pour se doter de bâtiments en durs (accueil, douche, bar…) qui s’intègrent bien aux paysages locaux », indique Guy Raffour.

« Ces dernières années, le secteur du tourisme en plein air a aussi assisté à la création de réseaux de campings, réunissant plusieurs établissements. Ce qui a entraîné ces derniers à faire des efforts simultanés de mise aux normes ou de modernisation », indique Marianne Chandernagor, directrice du Mondial du tourisme. Parallèlement, les campings ont développé les services proposés à leur clientèle « comme la piscine, les animations, la supérette, la boîte de nuit, le coiffeur, le masseur, les spectacles… Certains campings haut de gamme ressemblent d’ailleurs à des minis parcs de loisirs ou à des villages de vacances », estime Guy Raffour. Et les établissements se sont clairement adaptés aux évolutions liées au e-tourisme : « les patrons des campings sont très connectés aux sites d’avis touristiques et répondent très vite aux observations de leurs clients », constate Guylhem Féraud.

3. Ils ont allongé leur période d’ouverture

Entre 2010 à 2016, la durée moyenne d’ouverture s’est accrue de 4 jours par an, selon l’Insee. Et les structures disposant d’emplacements équipés ouvrent même 18 jours de plus que les autres. « On assiste à une avancée de la saison, certains établissements ouvrant dès le mois d’avril », observe Marianne Chandernagor.

« Désormais la majorité des campings ouvrent 7 à 8 mois dans l’année. Notamment car le fait de proposer un hébergement en bungalow ou en mobil-home permet aux vacanciers de venir même s’il fait un peu froid. Et de plus en plus d’établissements se sont équipés de piscines couvertes », observe Guylhem Féraud.

Une extension de la période d’activité qui permet aux campings d’accroître leurs marges, mais aussi d’employer davantage de salariés en CDI. « En décembre 2012, 7.800 personnes étaient en CDI dans l’hôtellerie en plein air. En 2016, ils étaient 8.790 », souligne Guylhem Féraud. Hors saison, ils gèrent la remise en état des sites, travaillent à la promotion commerciale…

4. Le prix du séjour ne s’est pas envolé

« Sur 5 ans les prix sont restés stables car nous sommes conscients que le budget de nos clients n’est pas extensible », indique Guylhem Féraud. Selon la FNHPA, le prix moyen d’une nuitée pour deux personnes dans un camping une étoile est par exemple, de 14,97 euros.

5. Les campings ruraux et citadins progressent

Même si les campings situés sur le littoral sont les plus prisés (ils réalisent 55 % des nuitées dans l’hébergement de plein air en 2016 selon l’Insee), l’offre a progressé dans les zones rurales (+3 %) entre 2010 et 2016 et dans les zones urbaines (+1). Et plus encore dans les campings haut de gamme. « Ce la s’explique par la montée en puissance des activités de plein air qui sont proposées à la campagne (acrobranche, escalade, randonnée…). Certains campings ressemblent par exemple à de véritables parcs aquatiques », note Marianne Chandernagor. « Etles petits campings de zone rurale ont boosté leur promotion sur Internet ces dernières années », constate aussi Guylhem Féraud. D’autant que les touristes apprécient ces structures qui ne sont pas surpeuplées et offrent des panoramas agréables.

Quant aux campings urbains, ils attirent car ils sont généralement situés dans des coins de nature (comme lecamping du bois de Boulogne), mais restent à proximité des curiosités citadines. « La chaîne de camping Huttopia, qui propose ce type d’offres, s’est bien développée ces dernières années », note Guy Raffour.

6. Les établissements savent attirer les étrangers

Entre 2010 et 2016, les réservations des touristes étrangers en camping ont augmenté. Notamment grâce aux clients allemands (+28 %), espagnols, suisses et belges. Et les Britanniques, italiens et néerlandais continuent à priser nos campings. « La qualité du terrain de camping à la française est désormais reconnue dans le monde », commente Guylhem Féraud.

Et si cette clientèle est restée fidèle, c’est aussi parce que les acteurs du secteur ont su adapter leur stratégie marketing : « La majorité de leurs sites sont proposés en version anglaise, allemande et hollandaise », note Guylem Féraud. « L’accueil virtuel des touristes s’est bien amélioré ces dernières années, car l’on peut avoir une vision du camping à 360 ° sur certains sites et les infos pratiques sont plus développées », ajoute Guy Raffour.