La solidité du contrat de travail, facteur clef du pouvoir d'achat

Sa. C. avec agence

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Alors qu’un accord sur la réforme du marché du travail est en passe d’être signé, plusieurs experts insistent sur les liens entre contrat de travail et pouvoir d’achat, l'absence d'emploi stable à temps plein entraînant un faible revenu.

Travailler toute l’année

«La principale source d'inégalités des revenus est l'instabilité et l'insécurité de l'emploi», soulignait dès novembre 2006 le Conseil de l'emploi, des revenus et de la cohésion sociale (CERC). A l'opposé, il suffit d'être un salarié à temps complet rémunéré au salaire moyen pendant douze mois dans l'année pour faire partie des 25% de personnes «les mieux payées» de France, a rappelé le 8 janvier Philippe Bouyoux, directeur des politiques économiques à Bercy, auditionné au Conseil d'orientation pour l'emploi (COE). On est en revanche parmi les plus pauvres dès lors que l'on travaille «à temps partiel et/ou seulement une partie de l'année», a-t-il ajouté.

En termes de salaire mensuel net, l'écart entre deux personnes peut aller de 1 à 3, c'est-à-dire que le mieux payé gagne trois fois plus que l'autre. Si au lieu de comparer les salaires, on compare la rémunération annuelle nette effective, le rapport entre deux personnes ayant travaillé dans l'année peut aller de 1 à 20, et 10% des gens qui travaillent doivent se débrouiller avec une rémunération annuelle nette inférieure à 1.582 euros.

Or, si l'accord prévoit un début de sécurisation des parcours professionnels, en échange d'une plus grande facilité de rupture du contrat de travail, il contient peu d'éléments de sécurisation des revenus.

Il est par exemple prévu de mieux indemniser les personnes au chômage mais pour des durées plus courtes. Une prime aux moins de 25 ans non indemnisés en cas de chômage est également prévue, mais celle-ci est «forfaitaire».