De la viande d’animaux clonés dans les assiettes

ETATS–UNIS agence américaine de réglementation des produits alimentaires (FDA) a donné mardi son feu vert pour sa commercialisation…

Sa. C. avec agence

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Après la Belgique, les Pays-Bas et l'Allemagne, touchés par la fièvre catarrhale du mouton, la France pourrait être à son tour confrontée à une menace d'épidémie de cette maladie dite de la "langue bleue" après la découverte d'un premier cas sur une vache laitière dans les Ardennes.
Après la Belgique, les Pays-Bas et l'Allemagne, touchés par la fièvre catarrhale du mouton, la France pourrait être à son tour confrontée à une menace d'épidémie de cette maladie dite de la "langue bleue" après la découverte d'un premier cas sur une vache laitière dans les Ardennes. — Thierry Zoccolan AFP/Archives

Après les OGM, la viande d’animaux clonés pourrait bientôt être au menu aux Etats-Unis. L'agence américaine de réglementation des produits alimentaires (FDA) a donné mardi son feu vert pour sa commercialisation malgré de fortes réticences de groupes de consommateurs, de certaines industries et au Congrès.

Lait et viande de moutons clonés à surveiller

«La viande et les laitages provenant de bovins, de porcs et de chèvres (clonés) sont aussi sûrs que la nourriture que nous consommons tous les jours», a assuré le Dr Stephen Sundlof, responsable de la sécurité des aliments à la FDA, lors d'une conférence de presse.

Toutefois, «il y a encore insuffisamment de données pour conclure que la viande et le lait d'ovins comme les moutons sont sûrs pour la consommation», a ajouté la FDA. La décision de la FDA intervient après des années d'études détaillées et d'analyses, souligne l'agence.

Celle-ci avait déjà livré en 2003 et en 2006 ses conclusions préliminaires selon lesquelles les produits issus d'animaux clonés et de leurs progénitures ne sont pas plus risqués pour la consommation humaine que ceux provenant d'animaux conventionnels.

«La décision non-réfléchie de la FDA ignore la volonté du public et du Sénat et ouvre une boîte de pandore», a déclaré Andrew Kimbrell, un responsable du Center for Food Safety (centre pour la sécurité alimentaire).

Rien sur les étiquettes

Le sous-secrétaire à l'Agriculture pour le marketing, Bruce Knight, a affirmé, mardi, que le ministère «encourageait les entreprises à maintenir leur moratoire volontaire sur la vente des laitages et viandes d'animaux clonés durant une période de transition pour que le marché s'adapte» sans en préciser la durée.

Autre point litigieux: la FDA n’obligera pas les producteurs à indiquer sur l'étiquetage l’origine de leurs produits. Ces précisions seront donc indiquées selon leur bon vouloir. Pour la sénatrice démocrate Barbara Mikulski, «la FDA a agi imprudemment». «Si nous découvrons un problème sanitaire avec ces produits une fois sur le marché, et dont l'origine ne figurera pas sur l'étiquette, il sera impossible de les rappeler comme pour un médicament», a-t-elle prévenu.

Le nombre de sociétés recourant à cette technique est encore très limité aux Etats-Unis et il faudra au moins cinq ans avant que les consommateurs n'achètent des produits d'animaux clonés dans les supermarchés, selon les experts.

L'AESA, homologue européenne de la FDA, vient de faire connaître des conclusions préliminaires allant dans le même sens.

DEBAT – Consommeriez-vous des produits issus d’animaux clonés?