Révolution pour certains, du vent pour d'autres

A. B. - ©2008 20 minutes

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« On s'éloigne de la rupture, forcément conflictuelle. Plutôt que de gérer le cafard et les prud'hommes, les salariés vont enchaîner les emplois avec une indemnité, des allocations et un accompagnement », se félicitait hier Anne-Laure Reveilhac de Maulmont, avocate spécialisée en droit social. Un optimisme que partage le Medef mais pas tous les syndicats. La rupture conventionnelle « invente une flexisécurité française », a estimé Laurence Parisot, la patronne des patrons, tandis que la CGT rejetait un projet « déséquilibré ». FO et la CFDT ont évoqué des « avancées », la CFTC restant « mitigée ».

De fait, certains spécialistes jugent que les négociations ont accouché d'une souris. « Le salarié pourra toujours refuser la rupture, auquel cas le licenciement s'appliquera », remarque Fabrice Signoretto, directeur de l'organisme de formation Forma-CE. Et rien n'oblige l'employeur à l'utiliser à la place d'une démission.

Par contre, la nouvelle procédure peut consolider des pratiques déjà courantes de contournement du licenciement économique, conclut l'expert. La seule innovation serait du côté du nouveau CDD, « mais il concernera peu de monde ».