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AUTOMOBILEPourquoi Blablacar mise sur la location longue durée après le covoiturage

Blablacar: Pourquoi l'entreprise embraye sur la location longue durée après le covoiturage

AUTOMOBILEL’entreprise va d’abord tester l’offre auprès de ses « ambassadeurs »…
Les cofondateurs de la startup française BlaBlaCar Nicolas Brusson, Frédéric Mazzella et Francis Nappez.
Les cofondateurs de la startup française BlaBlaCar Nicolas Brusson, Frédéric Mazzella et Francis Nappez. - BLABLACAR
Nicolas Raffin

Nicolas Raffin

Après s’être progressivement installée dans 22 pays, Blablacar veut se diversifier et proposer d’autres services que le covoiturage. La société a annoncé mercredi 5 avril le lancement d’un projet « pilote » : l’application de trajets entre particulier proposera désormais de la location longue durée (LLD), à l’instar de ce que font déjà les constructeurs automobiles. L’offre sera d’abord limitée aux 300.000 « ambassadeurs » français de la marque, c’est-à-dire les conducteurs les plus expérimentés.

Une dizaine de modèles de véhicules est proposée via ce service, qui inclut l’entretien et une assurance en cas de perte financière (accident). Les tarifs varient évidemment suivant le kilométrage annuel et le standing de la voiture. Par exemple, la LLD d’une Peugeot 308 avec 20.000 km par an est commercialisée avec un loyer de 219 euros par mois pendant quatre ans. Avec un « bonus » : « Si l’ambassadeur effectue au moins un covoiturage par mois, il aura droit à une réduction de 20 euros sur son loyer mensuel » avance Philippe Cayrol, en charge des partenariats chez Blablacar.

Dégager des revenus supplémentaires

Avec ce projet, l’entreprise préfère la jouer modeste : « Nous n’avons pas d’objectifs en termes de nombre de voitures louées, on ne sait pas à quelle vitesse ça va aller » affirme Nicolas Brusson, cofondateur de la société, qui n’exclut pas d’arrêter cette expérimentation si elle n’est pas satisfaisante. Les responsables de la société restent néanmoins discrets sur le modèle économique de cette nouvelle offre : « le système de rémunération fonctionne via une commission » se borne à indiquer Philippe Cayrol, sans dévoiler de pourcentage.

Blablacar arrive sur un marché porteur : selon le Syndicat National des Loueurs de Véhicules en Longue Durée (SNLVLD), le nombre de véhicules mis à la route en LLD a augmenté de 11 % fin 2016. La « licorne » française vise évidemment des revenus supplémentaires, car les nombreux investissements réalisés depuis son lancement font qu’elle n’est toujours pas rentable. « Blablacar espère sûrement que cela poussera les conducteurs à effectuer plus de covoiturages via l’application, car hormis le carburant ils connaîtront le coût du véhicule», argumente Georges-Etienne Andrieu, directeur commercial du groupe Argus.

Le « coût caché »

Mais au-delà de cette offre particulière, la LLD est-elle une bonne affaire pour l’automobiliste ? « Outre le fait que l’on connaisse le budget du véhicule, la LLD est aussi accessible sans apport, ce qui peut être bénéfique pour les ménages ne disposant pas d’un capital important » affirme Georges-Etienne Andrieu.

Seul bémol, selon ce spécialiste : « Il peut y avoir un coût caché, au moment où l’on rend le véhicule après quelques années. S’il est abîmé, des frais de remise en état assez importants peuvent être facturés, poursuit-il. Il faut donc particulièrement prendre soin de sa voiture avec ce type de contrat. »

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