Un restaurant Mcdonald's, illustration
Un restaurant Mcdonald's, illustration — WOODBRIDGE, ETATS-UNIS

RESTAURATION

La CGT consommateurs dénonce des pratiques anticoncurrentielles de McDonald's

Les restaurants franchisés seraient amenés à devoir pratiquer des prix supérieurs en raison des redevances et des loyers qu’ils doivent verser au géant américain…

L’association des consommateurs CGT a saisi mardi l’Autorité de la concurrence pour des « pratiques anticoncurrentielles » du groupe McDonald’s, qui auraient conduit à un « surcoût pour les consommateurs estimé à 232 millions d’euros en 2015 ».

Dans un communiqué annonçant cette saisine, l’Indécosa-CGT fait part d’une « apparente manipulation des prix de la part de McDonald’s France » qui pousserait ses franchisés à « afficher des prix supérieurs à ceux des restaurants exploités directement par l’enseigne », en « abusant de sa position dominante ».

McDonald’s abuserait de sa position dominante

Interrogée par l’AFP, l’Autorité de la concurrence a confirmé ce dépôt de saisine, mais s’est refusée à tout commentaire.

En France, la chaîne de restauration rapide compte 1 400 points de vente, dont plus de 900 restaurants franchisés. Ces derniers seraient amenés à devoir pratiquer des prix supérieurs en raison des redevances et des loyers qu’ils doivent verser au géant américain pour les restaurants.

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Citée dans le communiqué, Martine Sellier, présidente de l’Indécosa-CGT, affirme que « non content de pratiquer l’optimisation fiscale pour échapper à l’impôt (…), voilà que McDonald’s abuse de sa position dominante et conduit les clients des restaurants franchisés à supporter des hausses de prix injustifiables ».

Le même procédé en Allemagne et en Italie ?

Selon l’Indécosa-CGT, « des pratiques similaires ont été observées en Allemagne et en Italie », où les autorités compétentes ont également été saisies.

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Pour faciliter les traitements de ces recours nationaux, des associations italiennes soutenues par des syndicats internationaux et européens ont retiré mardi matin la plainte qu’elles avaient auparavant déposée au niveau européen pour pratiques anticoncurrentielles, a précisé le syndicat.

Sollicité, McDonald’s a dit « nie (r) catégoriquement les faits (…) ».

« Les restaurants compagnie et les restaurants franchisés exploités par des locataires-gérants sont assujettis à des redevances calculées selon la même méthodologie. Il existe une parfaite égalité de traitement entre ces deux types de restaurants », a ajouté le leader de la restauration rapide en France.

Il ajoute que « conformément au principe de liberté de fixation des prix, chaque locataire-gérant décide de sa politique de prix qui dépend d’un ensemble de facteurs (…) ».

Des actions dans plusieurs villes de France

Le collectif « McDo passe à la caisse », qui rassemble syndicats et associations, a annoncé de son côté des actions mercredi dans plusieurs villes de France (Paris, Grenoble, Lille, Reims, Toulouse, Lyon, Rennes, Bordeaux, Marseille…) à 18 h 00, heure à partir de laquelle « tous les McDonald’s de France travaillent pour l’évasion fiscale » selon le collectif.

Une enquête préliminaire a été ouverte début 2016 par le parquet national financier après le dépôt d’une plainte d’élus syndicaux contre McDonald’s France pour « blanchiment de fraude fiscale en bande organisée » et abus de biens sociaux.

Ces élus ont mis en cause des pratiques fiscales rendant « impossible » tout bénéfice, avec des redevances versées à une société au Luxembourg.