Vélos électriques: Le bonus de l'Etat fait des étincelles

SANTE Les professionnels militent déjà pour une extension du dispositif après 2018…

Nicolas Raffin

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Marseille, le 16 septembre 2015, démonstration d'un vélo électrique.
Marseille, le 16 septembre 2015, démonstration d'un vélo électrique. — Mickaël Penverne / 20 Minutes

A peine lancé sur les routes, le « bonus vélo », conçu pour aider à l’achat d’un cycle à assistance électrique, rencontre un vrai succès. Selon le ministère de l’Environnement, près de 15.000 demandes ont déjà été enregistrées sur le site Internet dédié, ouvert début mars. En quelques clics, les nouveaux acquéreurs d’un vélo électrique peuvent obtenir un remboursement partiel de leur achat, le montant maximum du bonus étant fixé à 200 euros.

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« Aider à franchir le pas »

« Il y a eu une forte accélération des ventes dans les magasins, souligne Christophe Bayard, président de l’association grenobloise Vécolo. Certains vendeurs ont même imprimé les formulaires pour que les clients les remplissent directement. Globalement, c’est une bonne mesure. »

Le responsable associatif estime que le bonus « peut aider à franchir le pas » pour passer au vélo électrique. Car cela reste un investissement conséquent : « En dessous de 1.000 euros, en général ce ne sont pas des vélos très durables » affirme Christophe Bayard.

« C’est une question de justice »

Pour Marie, le vélo électrique est une nouveauté. Cette habitante de Vanves (Hauts-de-Seine) parcourt 15km aller-retour pour se rendre à son travail, en plein cœur de Paris. Il y a deux semaines, elle a déboursé 1.800 euros pour s’offrir sa monture. « Comme il y a quelques petites côtes sur le parcours, l’assistance électrique aide vraiment, et quand j’arrive au bureau, je ne suis pas fatiguée » explique-t-elle.

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Elle aussi a prévu de demander un bonus, proposé par sa communauté d’agglomération, à l’image de nombreuses villes en France. Le bonus gouvernemental – non cumulable avec celui d’une collectivité - vise donc à couvrir les zones dépourvues de ce système. « C’est une question de justice entre les territoires et entre les modes de transports » souligne Olivier Schneider, président de la Fédération française des usagers de bicyclettes (FUB).

Aller plus loin

Un bonus plus juste… mais pas tout à fait égalitaire. « On regrette que ce bonus ne soit effectif que jusqu’au 31 janvier 2018, contrairement aux aides pour les voitures électriques par exemple » poursuit Olivier Schneider. La FUB plaide donc pour que le dispositif soit pérennisé et étendu à d’autres catégories de vélos, comme les vélos-cargos ou les vélos pliables.

C’est aussi ce que demande l’Union Sport et Cycle (USC), qui regroupe les principaux fabricants et distributeurs de vélos en France. Mais le délégué général de l’USC, Virgile Caillet, se défend de toute volonté mercantile : « On s’est engagés auprès du ministère à ne pas augmenter les prix [des vélos] pour que ce bonus soit vraiment une aubaine pour les consommateurs ». Alors que 100.000 vélos électriques ont été écoulés en 2015, les professionnels tablent sur au moins 120.000 unités pour 2016, signe d’une mode qui s’installe.