« On ne redescendra pas sous les 60 dollars »

Recueilli par Mélanie Duwat

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AFPTV
INTERVIEW - Jean-Pierre Favennec, économiste à l'Institut français du pétrole.

Comment expliquer l’envolée du brut ?

La demande, poussée par l’Inde et la Chine, devance la production, les investissements étant freinés par l’insécurité dans les pays exportateurs. Et la spéculation accentue la hausse.

Va-t-on rester au-dessus des 100 dollars ?

Un pic autour de 110 dollars est possible. Il peut être suivi d’une baisse autour de 80 dollars. Mais le baril ne redescendra pas sous la barre des 60 dollars. Rien n’indique une chute de la consommation, alors qu’extraire le pétrole et construire des raffineries coûtent de plus en plus.

Où en sont les réserves ?

Elles sont estimées à 165 milliards de tonnes, soit quarante ans de production. Mais en 1970, on estimait déjà les réserves à trente ans ! Il faut compter sur des découvertes de gisement et l’amélioration des techniques. La sortie de l’ère du pétrole se fera plus par souci écologique qu’à cause d’un tarissement des réserves.