Les salariés de Mim devant le tribunal de commerce de Bobigny, le 21 mars 2017.
Les salariés de Mim devant le tribunal de commerce de Bobigny, le 21 mars 2017. — Salarié MIM

JUSTICE

Mim: Les 1.000 salariés du groupe textile fixés sur leur sort ce mardi

Ils craignent près de 800 licenciements en cas de reprise partielle…

Le secteur du prêt-à-porter traverse une période difficile. Après la restructuration de Vivarte lancée en janvier dernier, les 1.078 salariés en CDI du groupe Mim, spécialisé dans les vêtements pour femmes, attendent avec appréhension l’audience de ce mardi après-midi (14h) au tribunal de commerce de Bobigny. En redressement judiciaire depuis novembre, l’entreprise risque une liquidation quasi-totale.

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Des offres très différentes

Deux offres de reprise tiennent la corde. La première, celle du groupe Clementy, a les faveurs du comité d’entreprise de Mim, car elle prévoit seulement 60 suppressions de postes. Mais selon plusieurs sources, cette proposition ne convainc pas les créanciers. « Ils [Clementy] apportent du stock [8 millions d’euros de marchandises] et donc ils sont capables de faire rentrer du cash grâce aux ventes, indique une source syndicale à 20 Minutes. Mais le fait qu’ils n’apportent pas d’argent tout de suite a un peu refroidi le tribunal de commerce. En gros, si Clémenty ne vient pas avec un chèque de banque, ils craignent une faillite dans les prochains mois ».

Conséquence, c’est la deuxième offre, celle de la société suisse Tally Weijl, qui est pour l’instant privilégiée par les mandataires. Elle prévoit de reprendre seulement 70 magasins sur 240 affiliés à la marque, avec à la clé environ 800 licenciements. Un plan loin de convaincre les salariés. « On dit non au fait que l’offre soit trop petite, explique Michaël Gharbi, délégué syndical Seci-Unsa. Les créanciers veulent la liquidation pour récupérer leur mise, le comité d’entreprise et quelques administrateurs veulent sauver les emplois, c’est normal ».

« Les magasins se vident, il n’y a quasiment plus rien à vendre »

« Pour les équipes c’est très difficile en ce moment en boutique, témoigne une salariée basée dans la région toulousaine. Tout le monde est dans l’appréhension d’une reprise partielle ». Au fil des années, la société a accumulé une dette de 60 millions d’euros, dans un contexte de baisse des ventes et de concurrence accrue. Rien que sur l’exercice 2015-2016, la perte s’élevait à 9 millions d’euros.

« Depuis fin novembre, les magasins se vident, il n’y a quasiment plus rien à vendre » témoigne Michaël Gharbi. La décision du tribunal ce mardi pourrait sonner la fin de l’aventure pour une entreprise fondée en 1976.