Le déficit public supérieur aux attentes en 2016, à 3,4% du PIB

DETTE Ces résultats constituent une déception pour le gouvernement, qui insistait ces dernières semaines sur son sérieux budgétaire…

20 Minutes avec AFP

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Le ministre de l'Economie et des Finances Michel Sapin
Le ministre de l'Economie et des Finances Michel Sapin — LIONEL BONAVENTURE / AFP

Les résultats sont finalement un peu plus élevés que ceux prévus. La France a enregistré en 2016 un déficit public à 3,4 % du produit intérieur brut (PIB) au lieu des 3,3 % promis par le gouvernement, a annoncé ce vendredi l’Insee dans un communiqué.

La dette publique, qui continue à s’accumuler tant que les comptes publics sont dans le rouge, a pour sa part continué sa progression, pour atteindre 2.147 milliards d’euros fin 2016, soit l’équivalent de 96 % du PIB, contre 95,6 % fin 2015.

La recommendation de Bruxelles respectée selon Sapin

Ces résultats constituent une déception pour le gouvernement, qui insistait ces dernières semaines sur son sérieux budgétaire et se disait confiant sur sa capacité à tenir ses objectifs, malgré une croissance plus faible que prévu.

« Pour la troisième année consécutive, la France a scrupuleusement tenu ses engagements européens », a toutefois assuré le ministre de l’Economie et des Finances Michel Sapin, dans une déclaration transmise à l’AFP.

« Avec un déficit public de 3,4 %, elle respecte exactement la recommandation de la Commission européenne », a ajouté le ministre, selon qui « toutes les conditions sont réunies pour que, en 2017, le déficit public revienne sous les 3 % ».

Les déificits de 2014 et 2015 revus à la hausse

Le gouvernement, après avoir obtenu plusieurs délais de Bruxelles pour repasser sous la barre des 3 %, a engagé en 2014 un mouvement de réduction de la dépense publique, passée de 57,1 % à 56,2 % du PIB en 2016.

L’Insee a toutefois revu à la hausse vendredi le déficit public -- incluant le déficit de l’Etat, des collectivités locales et de la Sécurité sociale -- pour 2014 et 2015, respectivement à 3,9 % (au lieu de 3,8 %) et 3,6 % du PIB (au lieu de 3,5 %).

« Cette gestion budgétaire sérieuse aura permis de réduire continûment les déficits, tout en baissant les impôts des ménages et des entreprises et en permettant à la croissance de repartir », a estimé Michel Sapin.

Objectif sous les 3 % en 2017

D’après l’Insee, le taux de prélèvements obligatoires a diminué de 0,1 point l’an dernier, à 44,3 % du PIB. Dans le même temps, la progression des dépenses publiques a ralenti, passant de 1,4 % en 2015 à 1,1 % en 2016, grâce notamment à la diminution de la charge de la dette, sous l’effet de la baisse des taux d’intérêt.

Les finances publiques ont toutefois pâti du climat économique morose, avec une croissance qui a patiné l’an dernier, à 1,1 % selon les dernières estimations, loin des 1,5 % prévus par le gouvernement.

Ce dernier s’est engagé à ramener en 2017 le déficit public sous la barre fatidique des 3 % du PIB, pour la première fois depuis 10 ans. Un objectif jugé peu crédible par de nombreux observateurs, d’autant que la plupart des candidats à la présidentielle ont assuré vouloir s’affranchir de cet engagement.