Les bloqueurs de publicité font perdre des millions d'euros aux sites internet

WEB Tous les types de contenus sont concernés par les fameux logiciels...

Nicolas Raffin

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Une liasse de billets de 500 euros
Une liasse de billets de 500 euros — Auteur / Source / Crédit ADRIAN DENNIS / AFP

Ils sont devenus un accessoire indispensable pour beaucoup d’internautes… mais aussi une source d’ennui pour les publicitaires. Les « adblocker », ou bloqueurs de publicité, se sont répandus en quelques années. En France, le site PageFair estime que 11 % des internautes utilisent un tel outil en 2017.

Un chiffre « sous-estimé » pour Antoine Ferrier-Battner, fondateur d’AdBack, une start-up française qui analyse le phénomène. Sa société vient de publier cette semaine une estimation des revenus publicitaires perdus par les sites. « En France, le taux réel de personnes utilisant AdBlock serait plus proche de 25 % », affirme-t-il à 20 Minutes.

64 millions d’euros de perte

Même en se basant sur le pourcentage de PageFair (pour permettre des comparaisons pays par pays), le manque à gagner est énorme. Selon AdBack, pour les 100 sites les plus touchés par le phémonène en France, il se chiffre à 64 millions d’euros annuels.

Au premier rang des « perdants », on retrouve Amazon.fr (5,5 millions d’euros de perte), Le Bon Coin (3,9 millions d’euros) et You Tube (3,5 millions d’euros). Le site du Figaro se classe dans le top 10, avec 1,4 million d’euros de perte estimée. « Ce qui influence l’importance de la perte des chiffres d’affaires, explique Antoine Ferrier-Battner, ce sont les contenus. Sur des sites à très forte audience technophile, par exemple ceux concernant des jeux vidéo, on peut atteindre 70 % de pertes. Sur des sites plus grand public on tourne autour de 20-25 % ».

Un phénomène parti pour durer

Ce constat pourrait même empirer dans les prochaines années, car les jeunes générations sont particulièrement friandes de bloqueurs de publicité. Une étude Ipsos de novembre 2016 notait qu’en un an, le nombre d’internautes équipés d’un tel logiciel avait progressé de 20 %. Plus de la moitié des 16-24 ans (55 %) en possédaient un.

>> Lire aussi : Le bloqueur de pubs AdBlock Plus se lance dans la publicité

Pour Antoine Ferrier-Battner, « il y a un vrai fossé entre les publicitaires et les internautes. D’un côté, les utilisateurs ne se rendent pas forcément compte qu’ils pourraient tuer le contenu gratuit en utilisant des bloqueurs de pub. De l’autre, les publicitaires n’essayent pas toujours de comprendre précisement les raisons d’un tel blocage. Il y a une prise de conscience à avoir pour proposer autre chose que du tout gratuit avec pub ou tout payant sans pub ».