Salon de l’agriculture: François Hollande ouvre une édition «pas comme les autres» marquée par la morosité secteur agricole

AGRICULTURE Le Président de la République a donné le coup d’envoi ce samedi matin du 54e Salon de l’Agriculture à Paris…

C.P. avec AFP

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Illustration du salon de  l'agriculture le 24 février 2017.
Illustration du salon de l'agriculture le 24 février 2017. — LIONEL URMAN/SIPA

Des poignées de main, une photo avec Fine la vache mascotte… François a inauguré ce samedi matin le Salon de l'agriculture, avec un message de «solidarité» des Français envers des agriculteurs marqués par les crises à répétition.

Hommage à Xavier Beulin

«Aujourd'hui s'ouvre un Salon qui n'est pas comme les autres, marqués par une profonde tristesse et par la gravité des crises que nous traversons», a dit le président en référence à la mort récente du président de la FNSEA, Xavier Beulin.

Xavier  Beulin «avait alerté sur l'importance des crises climatique, sanitaire et économique que traverse l'agriculture. Ce message doit être entendu par l'ensemble de la société», a ajouté M. Hollande.

Cette visite est «un message d'encouragement, de soutien et de solidarité envers les agriculteurs», a-t-il ajouté.

Le président, qui inaugure le Salon pour la cinquième et dernière fois de son mandat, est arrivé peu après 6h30 avant de poser avec «Fine», la vache «rockstar» de l'événement. Sa race, la Bretonne Pie-Noire, est à l'honneur de l'événement.

Défilé de candidats à la présidentielle

Eprouvé par deux ans de crise, le monde agricole espère retrouver un peu d'optimisme à l'occasion de la 54e édition de ce rendez-vous annuel qui sera marqué également par le défilé de la plupart des candidats à l'élection présidentielle.

A moins de deux mois du premier tour de ce scrutin, ils sont soucieux de se concilier un monde agricole et rural en pleine mutation.

François Hollande, qui avait été accueilli l'an dernier par des agriculteurs en colère, fait face cette année à l'indifférence de ses interlocuteurs dans une ambiance calme.

Interpellé par deux éleveurs qui lui disent que «personne ne parle d'agriculture» parmi les politiques, le président leur répond que lui est là. «Mais vous, c'est fini», lui rétorquent-ils.

Avec des millions de canards abattus dans le sud-ouest depuis janvier pour cause de grippe aviaire pour la deuxième année consécutive, le découragement pointe même chez les agriculteurs exposants du salon, qui sont pourtant parmi les plus compétitifs et organisés du pays.

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Agriculteurs exsangues

François Hollande a mis en garde les candidats qui préconiseraient une sortie de l'Union européenne et donc de la PAC.

«Il faut quand même se souvenir de ce qu'était l'agriculture sans l'Europe et ce que peut être l'agriculture avec l'Europe», a-t-il dit.

«Il y a une politique agricole commune qu'il va falloir repenser mais qu'il va falloir surtout préserver parce que si la Pac est mise en cause vous allez voir la situation que vont avoir beaucoup d'agriculteurs».

Les négociations de la PAC porteront sur le budget agricole et la manière de le dépenser, en particulier pour prévenir les crises économiques, climatiques ou sanitaires.

Ces crises se sont cumulées depuis deux ans, avec un effondrement des prix du lait et de la viande bovine et porcine, des intempéries qui ont laminé les récoltes de céréales et plusieurs vagues d'épizooties.

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Les revenus des agriculteurs se sont effondrés. Si en 2014, moins de 20% des agriculteurs avaient eu des revenus équivalents à 350 euros par mois, en 2016, ce chiffre est monté à 50%, selon la sécurité sociale agricole MSA.

Mais le salon tentera aussi de faire bonne figure et de montrer ce qu'il fait de mieux avec ses vaches, moutons et chèvres pomponnés, autour de la mascotte du salon, la petite vache bretonne Pie-Noir «Fine». Les organisateurs attendent de 620.000 à 650.000 visiteurs, contre 611.000 en 2016.

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