Kraft Heinz a renoncé «à l’amiable» à racheter Unilever

GRANDE DISTRIBUTION Le groupe américain voulait créer un mastodonte mondial de la grande consommation...

20 Minutes avec AFP

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Illustration de produits du groupe agroalimentaire américain Kraft Heinz.
Illustration de produits du groupe agroalimentaire américain Kraft Heinz. — Scott Olson GETTY IMAGES NORTH AMERICA

La fusion XXL n’aura pas lieu. Le groupe américain Kraft Heinz a accepté « à l’amiable » de renoncer à créer un mastodonte mondial de la grande consommation en rachetant l’anglo-néerlandais Unilever, ont annoncé ce dimanche les deux groupes.

« Aucun avantage, qu’il soit financier ou stratégique »

Une proposition de Kraft Heinz dévoilée vendredi, mais rejetée par Unilever, valorisait ce dernier à quelque 143 milliards de dollars.

Le groupe anglo-néerlandais l’avait jugée trop faible, disant n’y voir « aucun avantage, qu’il soit financier ou stratégique » pour ses actionnaires. Kraft Heinz s’était toutefois initialement obstiné, disant toujours espérer « pouvoir conclure un accord sur les termes d’une transaction ».

Retrait à l’amiable

Finalement, « Kraft Heinz a accepté à l’amiable de retirer sa proposition pour rapprocher les deux entreprises », ont annoncé les deux groupes dimanche dans un bref communiqué.

« Unilever et Kraft Heinz se tiennent respectivement en haute estime. Kraft Heinz a le plus grand respect pour la culture, la stratégie et la direction d’Unilever », assure encore leur texte commun.

Consolidation en cours

Kraft Heinz et Unilever sont des poids lourds de la grande consommation, avec des chiffres d’affaires respectifs de 26,5 milliards de dollars (24,9 milliards d’euros) et 52,7 milliards d’euros.

Le groupe américain est essentiellement actif dans l’agroalimentaire, avec le célèbre ketchup Heinz mais aussi les saucisses Oscar Mayer, le fromage à tartiner Philadelphia ou le café Maxwell.

Unilever a lui aussi une imposante division alimentaire (Alsa, Knorr, Ben & Jerry’s, Bertolli, Amora, Carte d’Or, Lipton…), mais c’est parallèlement un des plus grands acteurs mondiaux des produits d’hygiène et pour la maison avec entre autres les déodorants Axe et Rexona, le dentifrice Signal, les savons Dove, les lessives Omo, Skip et Persil…

Cela avait d’ailleurs fait envisager il y a quelques jours aux analystes de Jefferies que Kraft Heinz visait peut-être uniquement la division agroalimentaire d’Unilever, pour laquelle une offre serait peut-être « plus logique et facile à financer ».

Même si le mariage de Kraft Heinz et Unilever n’a pas lieu, il confirme que les efforts de consolidation sont loin d’être terminés dans le secteur agroalimentaire.

Mondelez (lui-même issu d’une scission avec Kraft Foods en 2012) s’était lui aussi fait éconduire l’an dernier par son compatriote Hershey, célèbre pour ses chocolats, et l’un de ses actionnaires, l’investisseur activiste Bill Ackman, plaide pour un rapprochement avec Kraft Heinz.

Ce dernier est né de la fusion en 2015 des groupes Heinz et Kraft Foods et compte parmi ses actionnaires de contrôle les milliardaires américains Warren Buffett et helvético-brésilien Jorge Paulo Lemann (à la tête du fonds d’investissement 3G).

A l’époque déjà, certains avaient spéculé sur une possible offre de Kraft Heinz sur Unilever, notamment pour se relancer à l’international.

Plusieurs analystes estimaient toutefois vendredi que le groupe américain s’était également montré opportuniste et que le Brexit avait joué un rôle dans sa décision de se lancer à l’attaque. « Une approche sur Unilever est un signe du renforcement du dollar et de la baisse de la livre », avait notamment souligné Neil Shah, directeur de la recherche chez Edison Research.